La directrice du musée du Louvre a reconnu d’importantes défaillances de sécurité après un spectaculaire cambriolage en plein jour au cours duquel des voleurs ont dérobé pour plus de
157 millions de dollars de bijoux, au cœur de l’un des musées les plus visités au monde.
Le braquage, qui n’a duré que quatre minutes, a vu quatre individus cagoulés utiliser une grue pour atteindre une fenêtre à l’étage du musée parisien — à quelques pas de la Joconde — avant de briser la vitre et de s’emparer de précieux joyaux de la Couronne. Les malfaiteurs se sont ensuite enfuis à moto, échappant aux forces de l’ordre malgré le déclenchement des alarmes et l’intervention rapide des agents de sécurité.
Devant une commission du Sénat, la directrice du Louvre, Laurence des Cars, a admis que le réseau de caméras extérieures du musée n’avait pas détecté à temps les cambrioleurs, leur permettant d’approcher du bâtiment sans être repérés.
«Nous n’avons pas détecté l’arrivée des voleurs assez tôt, » a déclaré Mme des Cars. « Malgré nos efforts, malgré notre travail quotidien, nous avons été vaincus»
Elle a précisé que certaines zones de la façade du musée, notamment la fenêtre fracturée, n’étaient pas couvertes par la vidéosurveillance. Mme des Cars, qui avait proposé sa démission après le vol, a indiqué que la ministre de la Culture, Rachida Dati, l’avait refusée. Cette dernière est également visée par des critiques depuis l’incident.
La directrice a affirmé avoir à plusieurs reprises alerté les autorités sur les faiblesses du système de sécurité du bâtiment historique.
«Les avertissements que je lançais se sont horriblement confirmés dimanche dernier, » a-t-elle reconnu.
En réponse, le Louvre prévoit de renforcer son réseau de caméras, d’instaurer des périmètres de non-stationnement autour du musée et de demander au ministère de l’Intérieur d’installer un poste de police à l’intérieur même de l’établissement.
« Partis en quatre minutes »
Selon les enquêteurs, les voleurs ont passé moins de quatre minutes à l’intérieur du musée avant de prendre la fuite. Huit objets ont été dérobés, parmi lesquels un diadème en saphir, des colliers et boucles d’oreilles en émeraude et en diamant, appartenant jadis à des reines françaises comme Marie-Amélie et Hortense, ainsi qu’à l’impératrice Marie-Louise, seconde épouse de Napoléon Bonaparte.
Parmi les pièces manquantes figurent également le diadème en diamants et la grande broche nœud de l’impératrice Eugénie. Sa couronne impériale sertie d’émeraudes — ornée de plus de 1 300 diamants — a été retrouvée à l’extérieur du musée, endommagée mais réparable.
Ce vol spectaculaire a provoqué une onde de choc en France et relancé le débat sur la sécurité des institutions culturelles du pays. Beaucoup s’interrogent sur la manière dont un tel cambriolage a pu se produire, en plein jour, dans le musée le plus emblématique de France.
Des visiteurs présents ce jour-là ont indiqué ne pas avoir remarqué de présence policière particulière.
« C’était une journée normale, » témoigne Tomás Álvarez, touriste madrilène de 29 ans.
Les bijoux restent introuvables et les voleurs sont toujours en fuite. Selon les médias français, au moins quatre musées ont été victimes de cambriolages en France au cours des deux derniers mois. Foto - Ali Sabbagh, Wikimedia commons.















































































































































































