
L’ancien Premier ministre Gabriel Attal a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle française, ouvrant une nouvelle phase de compétition au sein du camp centriste et
accentuant les inquiétudes liées à une fragmentation politique qui pourrait profiter aux candidats d’extrême droite et d’extrême gauche.
Âgé de 37 ans, Attal a déclaré sa candidature vendredi lors d’un déplacement dans le village de Mur-de-Barrez, dans le centre de la France, où il a appelé à restaurer l’ambition et la confiance dans la vie politique française.
« J’en ai assez d’une politique réduite à la gestion du déclin », a-t-il déclaré aux journalistes. « Je veux que la France devienne la première puissance européenne. »
Figure majeure du gouvernement du président Emmanuel Macron, Attal a connu une ascension rapide, se faisant remarquer comme porte-parole durant la pandémie de COVID-19 avant de devenir le plus jeune Premier ministre de l’histoire du pays. Son mandat n’a duré que sept mois, après la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par Macron — une décision à laquelle Attal s’était opposé, ce qui a tendu leurs relations.
Désormais à la tête du parti Renaissance, Attal entre dans la campagne présidentielle avec l’appui d’une structure politique solide et bien financée. Mais sa proximité avec Emmanuel Macron, dont la popularité a reculé, pourrait limiter son attractivité auprès d’électeurs en quête de rupture.
Il devra également faire face à une forte concurrence au sein du bloc centriste, notamment celle de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe, qui s’impose depuis plusieurs mois comme l’un des principaux prétendants de ce camp.
Les sondages récents donnent un avantage à Philippe, crédité de jusqu’à 25 % des intentions de vote au premier tour, contre environ 14 % pour Attal. L’actuel maire du Havre est souvent perçu comme le candidat le mieux placé pour affronter le Rassemblement national.
La multiplication des candidatures au centre alimente la crainte d’un éclatement du vote modéré, ouvrant la voie à un second tour opposant les extrêmes politiques.
Un tel scénario pourrait voir s’affronter l’extrême droite — représentée par Jordan Bardella ou Marine Le Pen — et le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.
Attal a récemment indiqué avoir discuté avec Édouard Philippe afin d’éviter une telle issue. Les deux hommes ont convenu de réévaluer, d’ici début 2027, lequel est le mieux placé pour rassembler les électeurs centristes, et si l’un d’eux devrait se retirer afin d’éviter une division du camp modéré.
Au-delà des enjeux stratégiques, leurs styles politiques s’opposent nettement : Édouard Philippe cultive une image réservée et rigoureuse, tandis qu’Attal adopte une approche plus personnelle et médiatique visant à mobiliser un électorat plus jeune et plus large. Foto-Antoine Lamielle, Wikimedia commons.






















































































































































































