
La Russie a appelé mercredi la France à libérer immédiatement Anna Novikova, une citoyenne franco-russe détenue en France depuis la fin de 2025 pour suspicion d’espionnage, ravivant une
nouvelle dispute diplomatique entre les deux capitales.
Selon les procureurs français, Novikova, 40 ans, fondatrice de l’organisation humanitaire pro-russe SOS Donbass, fait partie de trois personnes arrêtées dans le cadre d’une enquête plus large sur des activités présumées d’espionnage pour le compte d’une puissance étrangère. Les autorités estiment qu’elle aurait approché des dirigeants de sociétés françaises afin d’obtenir des informations sur les intérêts économiques français, un délit passible de jusqu’à dix ans de prison.
Le Ministère russe des Affaires étrangères, par la voix de sa porte-parole Maria Zakharova, a qualifié les accusations de « fabriquées », décrivant l’affaire comme symptomatique de ce que Moscou appelle la « manie de l’espionnage qui balaie l’Europe ». Zakharova a affirmé que des individus sont ciblés uniquement pour avoir des opinions divergentes de la ligne officielle de Paris.
Contexte : une recrudescence des tensions en matière de renseignement entre la France et la Russie
La détention de Novikova intervient dans un contexte où les autorités françaises signalent une augmentation des activités d’espionnage et d’ingérence liées à la Russie :
- Arrestations massives à Paris : En novembre 2025, les autorités françaises ont arrêté plusieurs personnes — dont Novikova — soupçonnées de travailler pour les services de renseignement russes sous couvert d’une organisation humanitaire, dans le cadre d’une enquête élargie sur les réseaux d’espionnage russes.
- Expulsions historiques : La France a déjà expulsé des agents russes opérant sous couverture diplomatique. En 2022, Paris a déclaré persona non grata au moins six agents russes après avoir découvert qu’ils agissaient contre les intérêts nationaux français.
- Cyberattaques et menaces informationnelles : Les autorités françaises ont publiquement accusé le renseignement militaire russe de cyberattaques répétées contre les ministères, les entreprises de défense et les institutions publiques françaises depuis au moins 2021, considérées comme faisant partie de la stratégie générale de renseignement de Moscou en Europe.
Affaire d’espionnage franco-russe plus large : accusations réciproques
L’affaire Novikova reflète un climat de tensions sur le plan du renseignement entre la France et la Russie :
- Chercheur français détenu à Moscou : L’universitaire français **Laurent Vinatier**, travaillant pour une ONG suisse, est détenu en Russie depuis juin 2024. Il avait initialement été condamné pour ne pas s’être enregistré comme « agent étranger » et fait désormais face à des accusations d’espionnage, suscitant de vives discussions entre les gouvernements français et russe.
- Climat général en Europe : Plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne, ont signalé ou agi contre des opérations de renseignement russes, tant dans le cyberespace qu’au travers d’agents humains.
Retombées diplomatiques
Paris n’a pas commenté publiquement l’appel de la Russie à libérer Novikova, mais l’affaire devrait compliquer davantage les relations diplomatiques, surtout dans un contexte où la France soutient l’Ukraine et lutte contre ce qu’elle considère comme des opérations d’influence russes sur son territoire et au-delà.



















































































































































































