La députée européenne française Rima Hassan comparaîtra devant la justice en juillet après la publication d’un message controversé sur les réseaux sociaux, que le parquet estime susceptible
d’être interprété comme une apologie du terrorisme.
Le parquet de Paris a confirmé que cette figure de la gauche radicale a été brièvement placée en garde à vue jeudi, en raison d’un message publié sur X le 26 mars, depuis supprimé. Les autorités considèrent que ce contenu pourrait relever des lois strictes françaises réprimant l’apologie du terrorisme en ligne.
À l’issue de sa garde à vue, Rima Hassan a été convoquée devant le tribunal correctionnel pour le 7 juillet 2026. Elle devra répondre du chef d’« apologie du terrorisme en ligne », une infraction passible de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende.
L’affaire porte sur une référence faite par Hassan à l’attaque de 1972 à l’aéroport de Lod, près de Tel-Aviv, menée par le groupe d’extrême gauche Armée rouge japonaise, qui avait fait 26 morts. Dans son message, elle citait les propos d’un individu condamné pour cette attaque, qui tentait de la justifier en évoquant l’oppression supposée des Palestiniens.
Des plaintes ont été déposées notamment par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme ainsi que par l’Organisation juive européenne, conduisant à l’ouverture d’une enquête.
Rima Hassan et son avocat, Vincent Brengarth, ont indiqué qu’ils s’exprimeraient ultérieurement lors d’une conférence de presse, refusant de commenter immédiatement après sa remise en liberté.
Née en Syrie et d’origine palestinienne, Rima Hassan, 33 ans, est une voix pro-palestinienne influente sur la scène politique européenne. Élue au Parlement européen en 2024 sous les couleurs du parti de gauche radicale La France insoumise, fondé par Jean-Luc Mélenchon, elle s’est imposée par ses prises de position tranchées. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une procédure « politique ».
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a rejeté cette accusation, rappelant que la loi s’applique à tous. « L’apologie du terrorisme est une infraction extrêmement grave », a-t-il déclaré à la télévision.
Le parquet a également précisé que Rima Hassan fait l’objet de six autres enquêtes pour des propos susceptibles de constituer des discours de haine, tandis que seize dossiers ont été classés sans suite.
Par ailleurs, les autorités ont indiqué avoir trouvé du cannabidiol (CBD) ainsi qu’une substance s’apparentant à la drogue de synthèse 3-MMC en sa possession. Ces éléments feront l’objet de procédures distinctes. Rima Hassan conteste toute infraction, affirmant utiliser le CBD à des fins médicales.
Contexte supplémentaire sur Rima Hassan
Rima Hassan s’est fait connaître avant son entrée en politique pour son engagement en faveur des droits des réfugiés et de la cause palestinienne. Elle a notamment fondé une organisation dédiée à la protection des réfugiés et s’est imposée comme une militante active sur les questions de politique internationale.
Son ascension politique illustre une évolution d’une partie de la gauche européenne vers un engagement plus affirmé sur les enjeux de droits humains à l’international. Toutefois, ses prises de position lui valent régulièrement critiques et controverses, dans un contexte français où la liberté d’expression est encadrée par des lois strictes en matière de discours de haine et d’apologie du terrorisme.



















































































































































































