
Le secteur de l’aquaculture dans l’Union européenne a connu un léger repli en 2024, avec une production totale d’environ 1 million de tonnes, selon les données publiées par Eurostat.
La valeur globale du secteur a atteint 4,6 milliards d’euros, en légère baisse par rapport à l’année précédente.
Les volumes de production ont diminué de 3,7 %, tandis que la valeur totale du secteur a reculé de 3,6 %, reflétant des pressions persistantes telles que la hausse des coûts d’exploitation, les contraintes environnementales et des normes de durabilité plus strictes. Malgré ce recul, l’aquaculture reste un pilier essentiel du système alimentaire européen, fournissant une part importante des produits de la mer consommés dans l’UE.
L’Europe du Sud en tête de la production
La production aquacole de l’UE demeure concentrée dans un nombre limité de pays. L’Espagne conserve sa position de premier producteur, représentant près d’un quart de la production totale avec plus de 246 000 tonnes. La France et la Grèce suivent, avec respectivement 17,9 % et 12,6 %.
L’Italie et la Pologne figurent également parmi les cinq principaux producteurs, mais à des niveaux plus modestes. Ensemble, ces cinq pays assurent plus des deux tiers de la production aquacole de l’UE, soulignant la forte concentration géographique du secteur, notamment autour du bassin méditerranéen.
Les moules dominent en volume, la truite en valeur
En termes d’espèces, les moules représentent de loin la plus grande part de production, avec près d’un tiers du volume total en poids vif. Cette domination s’explique par des coûts de production relativement faibles et une forte demande sur les marchés européens.
En revanche, en termes de valeur, la truite arrive en tête, représentant 17,9 % de la valeur totale de l’aquaculture. Le bar et la dorade royale occupent également une place importante, illustrant la forte valorisation de certaines espèces de poissons sur les marchés européens.
Un secteur en pleine transition
L’aquaculture européenne joue un rôle stratégique dans la réduction de la dépendance aux importations de produits de la mer tout en soutenant les économies côtières. Le secteur couvre une grande diversité d’activités, allant de l’élevage de coquillages sur les côtes atlantiques à la pisciculture intensive en cages en Méditerranée, ainsi qu’aux systèmes en eau douce en Europe centrale et orientale.
Ces dernières années, l’UE a renforcé son engagement en faveur d’une aquaculture durable. Les politiques menées dans le cadre de la politique commune de la pêche et du Pacte vert pour l’Europe visent à concilier croissance de la production, protection de l’environnement, bien-être animal et résilience climatique.
À l’avenir, l’innovation — notamment dans l’aquaculture offshore, la culture d’algues et les systèmes en circuit fermé (RAS) — devrait façonner l’évolution du secteur. Malgré le recul observé en 2024, les perspectives à long terme restent liées aux avancées technologiques et à la capacité de l’UE à développer une production durable. Foto-Jebulon, Wikimedia commons.





















































































































































































