
Le parquet de Paris a ouvert une enquête officielle pour des faits présumés de discours de haine visant la chaîne de télévision CNews, à la suite d’accusations de propos racistes dirigés contre
Bally Bagayoko, récemment élu maire de Saint-Denis.
L’enquête, confirmée vendredi, porte sur des déclarations diffusées les 27 et 28 mars. Bagayoko, devenu le premier maire noir de cette commune populaire et multiculturelle située au nord de Paris, a déposé plainte en début de semaine, estimant que certains propos tenus à l’antenne constituaient des injures à caractère raciste.
CNews, chaîne d’information en continu appartenant au groupe Vivendi et contrôlée par l’homme d’affaires Vincent Bolloré, fait l’objet de critiques croissantes ces dernières années. Ses détracteurs comparent souvent sa ligne éditoriale à celle de Fox News, en raison de son ton polarisant et de ses programmes fortement axés sur l’opinion.
Des observateurs des médias et des opposants politiques accusent également les médias liés à Bolloré — dont le Journal du Dimanche — de consacrer une couverture importante aux questions d’immigration et de sécurité, contribuant selon eux à alimenter des discours proches de l’extrême droite. L’affaire Bagayoko renforce encore les interrogations sur l’orientation éditoriale de la chaîne.
En réponse aux accusations, CNews a rejeté toute faute, qualifiant la polémique d’« infondée » dans des déclarations à l’AFP. La chaîne affirme qu’aucun propos raciste n’a été tenu lors des émissions concernées.
Par ailleurs, le parquet a également ouvert une enquête distincte pour des faits présumés de cyberharcèlement visant le maire, en lien avec la couleur de sa peau. Bally Bagayoko est membre de La France insoumise, un mouvement politique de gauche.
La France dispose d’un cadre juridique strict pour lutter contre le racisme et les discours de haine. Les injures publiques à caractère racial sont passibles d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Le cyberharcèlement est également sévèrement sanctionné, avec des peines pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.
Ces dispositions s’inscrivent dans une politique plus large de lutte contre le racisme, développée au fil des décennies. Des lois majeures, comme la loi Pleven de 1972, répriment l’incitation à la haine raciale et renforcent la protection contre les discriminations fondées sur l’origine, la religion ou l’ethnie. Par ailleurs, des autorités comme l’ARCOM veillent au respect de ces règles dans les médias audiovisuels.
L’issue de l’enquête visant CNews pourrait ainsi mettre à l’épreuve l’équilibre que la France cherche à maintenir entre liberté d’expression et lutte contre les discours discriminatoires dans un paysage médiatique de plus en plus polarisé. Foto-Dickelbers, Wikimedia commons.






















































































































































































