La Russie a révoqué l’accréditation de presse de Geert Groot Koerkamp, supprimant ainsi le dernier journaliste néerlandais qui travaillait encore de manière indépendante dans le pays.
La décision, annoncée par le diffuseur public NOS, a suscité de vives inquiétudes parmi les défenseurs de la liberté de la presse et les organisations journalistiques.
L’Association néerlandaise des journalistes (NVJ) a qualifié cette décision de coup dur pour le journalisme indépendant. « Groot Koerkamp était le dernier journaliste capable de rendre compte librement depuis la Russie. Sans lui, nous sommes confrontés à une vision unilatérale dominée par les récits officiels », a déclaré le secrétaire de la NVJ, Thomas Bruning.
Bien que Groot Koerkamp soit toujours autorisé à vivre en Russie, il n’est plus autorisé à y exercer son métier de journaliste. En plus de son travail pour NOS, il collaborait également avec le journal néerlandais de Volkskrant et le diffuseur flamand VRT depuis Moscou.
Selon un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, cette décision a été prise en réponse à l’expulsion par les Pays-Bas d’un correspondant de l’agence de presse d’État russe RIA Novosti.
Bruning a indiqué que la NVJ, en collaboration avec le ministère néerlandais des Affaires étrangères, a déposé une protestation officielle. Il s’est toutefois montré pessimiste quant à une éventuelle annulation de la décision.
« Le public est le principal perdant dans cette situation », a déclaré Bruning. « Surtout en période de guerre, il est essentiel de pouvoir rapporter les faits depuis les deux côtés. C’était déjà difficile, mais cela est désormais devenu quasiment impossible. »
Réduction du réseau de correspondants étrangers en Russie
L’expulsion de Groot Koerkamp illustre une tendance plus large : le déclin progressif du journalisme étranger indépendant en Russie. Ces dernières années, notamment depuis l’invasion de l’Ukraine, la Russie a renforcé son contrôle sur les médias en introduisant des lois strictes limitant la couverture des questions militaires et politiques.
De nombreuses organisations de presse internationales ont retiré leurs correspondants ou les ont relocalisés dans des pays voisins en raison des risques juridiques et des restrictions croissantes. Ceux qui restent font face à une surveillance accrue, à un accès limité et au risque constant de perdre leur accréditation.
Le réseau de correspondants étrangers en Russie, autrefois vaste et diversifié, s’est considérablement réduit. Les journalistes encore présents doivent naviguer dans un environnement réglementaire complexe et sous pression, rendant le reportage indépendant sur le terrain de plus en plus difficile.
En conséquence, le public international dispose de moins en moins de témoignages directs provenant de Russie, s’appuyant davantage sur des déclarations officielles ou des reportages réalisés depuis l’étranger, ce qui soulève des inquiétudes quant à la transparence et à la compréhension globale des événements dans la région. Foto-Quistnix, Wikimedia commons.






















































































































































































