
Le président français Emmanuel Macron a averti que les pays européens qui poursuivent des stratégies nationales de défense distinctes risquent d'affaiblir la sécurité du continent,
estimant qu'une coopération militaire plus étroite est indispensable alors que les gouvernements augmentent leurs dépenses de défense face à la menace russe et aux pressions croissantes des États-Unis.
S'exprimant lors de son discours annuel aux armées, à la veille de la fête nationale du 14 juillet, Emmanuel Macron a appelé les pays européens à éviter les doublons en matière de capacités militaires et à investir davantage dans des projets de défense communs afin de renforcer la base industrielle du continent.
« Chaque fois que nous créons de la fragmentation, nous pouvons avoir le sentiment d'agir correctement sur le moment, mais nous préparons les retards de demain », a-t-il déclaré. « Chaque fois que nous cédons au nationalisme, en France ou ailleurs, nous méconnaissons notre propre histoire. Le patriotisme, oui ; le nationalisme, jamais. »
Il a ajouté qu'au moment où l'Europe accélère son réarmement, croire que chaque État peut développer seul l'ensemble de ses capacités militaires relève de « l'absurdité ».
Ces déclarations interviennent quelques semaines après l'échec du programme Future Combat Air System (FCAS), le projet franco-germano-espagnol de développement d'un avion de combat de nouvelle génération. Après plusieurs mois de désaccords entre les industriels de la défense, le programme a été abandonné, illustrant les rivalités industrielles qui continuent de compliquer les efforts européens en faveur d'une industrie de défense plus intégrée.
Emmanuel Macron a déclaré « profondément regretter » cet échec, tout en affirmant qu'il ne devait pas remettre en cause la coopération européenne en matière de défense. Il a appelé les gouvernements et les industriels à poursuivre d'autres projets transfrontaliers, citant notamment le constructeur franco-allemand de chars KNDS comme exemple de coopération industrielle réussie.
Son discours reflète également les inquiétudes croissantes à Paris face à l'augmentation rapide des dépenses militaires de l'Allemagne. Les autorités françaises redoutent que les investissements massifs de Berlin ne remettent en cause la position traditionnellement forte de la France dans certains secteurs de l'industrie européenne de défense, alors même que les deux pays cherchent à renforcer les capacités militaires du continent.
Le président a également mis en avant les progrès réalisés par la France, soulignant que le budget de la défense aura doublé sur dix ans, conformément à l'engagement pris au début de son premier mandat. Il a toutefois averti que les industriels français de la défense devront accélérer nettement leur production afin de répondre à une demande en forte hausse, tant sur le marché national qu'à l'exportation.
« En matière de drones, de systèmes de défense aérienne, de missiles et de munitions, nous ne produisons pas assez rapidement et nous ne produisons pas à une échelle suffisante », a-t-il déclaré.
Depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022, les gouvernements européens ont considérablement augmenté leurs dépenses militaires, tandis que le président américain Donald Trump continue d'exhorter les alliés de l'OTAN à assumer une part plus importante du fardeau de la défense collective. Emmanuel Macron plaide depuis plusieurs années en faveur d'une plus grande autonomie stratégique de l'Europe, tout en soulignant que celle-ci ne pourra être atteinte que par une coopération renforcée, et non par des programmes nationaux concurrents. Foto-Jacques Paquier, Wikimedia commons.
























































































































































































