Le gouvernement français a officiellement convoqué l’ambassadeur des États-Unis, Charles Kushner, après que celui-ci a accusé le président Emmanuel Macron d’alimenter l’antisémitisme
en France.
Dans une lettre au ton virulent publiée dans le Wall Street Journal, Kushner a reproché à Macron de ne pas en faire assez pour lutter contre l’antisémitisme. Il a également critiqué l’annonce récente du président français selon laquelle la France soutiendrait la reconnaissance d’un État palestinien lors de la prochaine Assemblée générale de l’ONU, estimant que ce type de geste mettait en danger les Juifs de France.
« Les déclarations publiques qui accablent Israël et les gestes en faveur de la reconnaissance d’un État palestinien encouragent les extrémistes, attisent la violence et menacent la vie juive en France », a écrit Kushner. « Dans le monde d’aujourd’hui, l’antisionisme, c’est de l’antisémitisme — tout simplement. »
Le ministère français des Affaires étrangères a répliqué dimanche, jugeant ces accusations « inacceptables » et contraires aux usages diplomatiques. Il a rappelé que la France est déterminée à combattre l’antisémitisme mais qu’elle n’accepterait pas d’ingérence étrangère dans ses affaires internes. La convocation d’un ambassadeur reste une mesure rare entre alliés proches et traduit le sérieux mécontentement de Paris.
Cette lettre de Kushner intervient seulement quelques semaines après sa prise de fonction en tant qu’ambassadeur, poste qu’il a obtenu à la suite d’une nomination par Donald Trump — le père de son gendre. Sa nomination avait déjà attiré l’attention, non seulement en raison de ses liens familiaux, mais aussi à cause de son passé controversé : en 2005, il avait été condamné pour fraude et subornation de témoin, avant d’être gracié par Trump.
La France fait effectivement face à une recrudescence d’actes antisémites, notamment après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Le ministère français de l’Intérieur a recensé 1 570 actes antisémites en 2024, soit plus de la moitié des crimes de haine à caractère religieux enregistrés dans le pays. Toutefois, les chiffres les plus récents indiquent une baisse de 27 % de ces incidents au premier semestre 2025.
Emmanuel Macron a, à plusieurs reprises, condamné l’antisémitisme, qualifiant les attaques contre les synagogues et les sites juifs de trahison des valeurs françaises. Néanmoins, sa décision de soutenir la reconnaissance d’un État palestinien a suscité des critiques à l’étranger, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou dénonçant une mesure qui « récompense le terrorisme ».
Kushner, fils de survivants de la Shoah, a fait de la lutte contre l’antisémitisme l’une des priorités de sa mission en France. Depuis son arrivée à Paris, il a visité le Mémorial de la Shoah et d’autres lieux importants pour la communauté juive. Dans sa lettre, il a exhorté Macron à renforcer l’application des lois contre les crimes de haine et à reconsidérer toute initiative pouvant être perçue comme une légitimation du Hamas.




















































































































































































