
Emmanuel Grégoire a été élu maire de Paris, obtenant une victoire nette au second tour face à sa rivale conservatrice Rachida Dati et renforçant la domination de la gauche dans la capitale
française.
Selon les sondages de sortie des urnes publiés dimanche, le candidat socialiste a remporté plus de la moitié des voix, dépassant les prévisions d’un scrutin serré. Sa victoire assure la continuité après le mandat sortant de la maire Anne Hidalgo, sous laquelle Grégoire a été son adjoint.
S’adressant à ses partisans après l’annonce des résultats, Grégoire a présenté l’élection comme un signal politique plus large à l’approche de la prochaine présidentielle. « Paris a décidé de rester fidèle à son histoire », a-t-il déclaré, promettant de rester ferme face aux forces de droite et d’extrême droite dans les mois à venir.
Dans un geste symbolique après sa victoire, le maire élu de 48 ans a rejoint l’Hôtel de Ville à vélo, utilisant le système de vélos en libre-service de la ville, soulignant son engagement envers les politiques environnementales et urbaines qui ont transformé Paris au cours des deux dernières décennies.
Son élection prolonge une période de 25 ans de gouvernance de gauche dans la capitale, après les mandats transformateurs de Bertrand Delanoë et Hidalgo. Leurs politiques ont mis l’accent sur la réduction de la pollution, l’extension des espaces verts et la priorité donnée aux zones piétonnes et aux pistes cyclables.
Une campagne sous haute tension
Grégoire est arrivé au second tour avec un fort élan, après avoir mené le premier tour avec près de 38 % des voix, largement devant Dati, ancienne ministre sous le président Emmanuel Macron. Cependant, la course s’est resserrée après que Dati a obtenu le soutien d’alliés centristes et de droite.
Malgré la pression pour s’allier à la candidate d’extrême gauche Sophia Chikirou, Grégoire a choisi de ne pas former d’alliance — risquant ainsi un éclatement du vote de gauche. Sa victoire décisive semble désormais valider cette stratégie, notamment auprès des électeurs modérés méfiants à l’égard des positions plus radicales.
La campagne a été marquée par des échanges vifs, y compris les accusations de Grégoire selon lesquelles Macron aurait tenté d’influencer le résultat — accusations que le président a rejetées catégoriquement. Des rapports ont également mentionné un soutien de l’Élysée à l’alliance de Dati avec des figures du centre-droit, ainsi que des retraits stratégiques d’autres candidats.
La dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen a publiquement appelé à chasser la gauche de Paris. Cependant, les analystes estiment que ce soutien pourrait avoir eu l’effet inverse dans une ville où l’extrême droite reste profondément impopulaire.
Perspectives à venir
La victoire de Grégoire positionne Paris comme un bastion clé pour la gauche à l’approche de l’élection présidentielle de l’année prochaine. Avec des tensions nationales en hausse, la capitale française est susceptible de jouer un rôle central dans l’orientation politique du pays. Foto- Jacques Paquier, Wikimedia commons.






















































































































































































