
La campagne pour la mairie de Paris a pris un nouveau tournant délicat pour Rachida Dati. La candidate conservatrice se retrouve sous pression après une proposition d’alliance inattendue
venue de l’extrême droite, une initiative qui pourrait compliquer sa route vers la victoire lors des prochaines élections municipales.
Jusqu’à récemment, Dati — figure importante du parti de droite Les Républicains — devait surtout composer avec les divisions au sein de la droite et du centre droit. Le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel a en effet refusé à plusieurs reprises de s’allier avec elle, fragilisant les tentatives de rassemblement de l’électorat conservateur avant les deux tours du scrutin prévus les 15 et 22 mars.
Mais un nouveau défi est désormais apparu, venu de l’extrême droite.
Dans une interview accordée le 9 mars au quotidien Le Figaro, Sarah Knafo, députée européenne et candidate du parti Reconquête, a publiquement proposé une alliance avec Dati si toutes deux se qualifient pour le second tour.
« Personne ne peut gagner seul. La seule stratégie qui mène à la victoire est l’unité, c’est mathématique », a déclaré Knafo.
La campagne de la candidate d’extrême droite a gagné en visibilité ces dernières semaines. Si elle franchit le seuil des 10 % des voix nécessaire pour accéder au second tour, elle affirme qu’elle proposerait à Dati une fusion des listes ainsi qu’un accord sur le programme. Elle a toutefois prévenu que, si la candidate des Républicains refusait cette offre, elle ne retirerait pas sa candidature — une situation qui pourrait diviser le vote à droite et compliquer davantage les chances de victoire de Dati.
Cette proposition place la candidate conservatrice dans une position politiquement délicate.
Interrogée lundi sur Franceinfo, l’ancienne ministre de la Culture a soigneusement évité de se prononcer clairement sur une éventuelle alliance, tout en cherchant à ne pas froisser les électeurs de Knafo. Pressée par les journalistes de dire si elle considérait Knafo comme appartenant à l’extrême droite, Dati a éludé la question.
« Vous connaissez la réponse ou pas ? Et moi, je suis de gauche ? », a-t-elle lancé.
Lorsque les journalistes ont répondu qu’elle appartenait à la droite, elle a poursuivi : « Alors je vous laisse répondre pour les autres candidats. Moi, je ne réponds que pour moi. »
En revanche, Dati s’est montrée plus directe lorsqu’il s’est agi de ses adversaires à gauche. Dans la même interview, elle a qualifié plusieurs membres de la liste du candidat socialiste Emmanuel Grégoire de représentants de « l’extrême gauche ».
À l’approche du scrutin, les équilibres de la campagne parisienne restent incertains. La manière dont Rachida Dati gérera cette main tendue venue de l’extrême droite pourrait s’avérer déterminante pour l’issue de la bataille politique dans la capitale française. Foto-Juan Enrique Gilardi from Mar del Plata, Argentina, Wikimedia commons.






















































































































































































