
La publication de nouveaux documents liés au financier déchu Jeffrey Epstein a ravivé l’indignation aux États-Unis, renforçant la méfiance du public envers les
élites et relançant les interrogations sur la responsabilité réelle des puissants.
Ces documents, communément appelés les « dossiers Epstein », ont remis sous les projecteurs l’immense réseau social et politique d’Epstein, qui s’étendait de la finance à la politique en passant par la haute société internationale, y compris des figures liées à la monarchie britannique. Si aucune nouvelle conclusion pénale n’a été établie à l’encontre de nombreuses personnes citées, les révélations continuent d’alimenter l’actualité et les réseaux sociaux, maintenant l’affaire au cœur du débat public.
Un nouveau sondage national mené par Reuters et Ipsos montre que les Américains perçoivent massivement ces dossiers comme le symbole d’un système judiciaire à deux vitesses.
Près de neuf Américains sur dix déclarent avoir entendu parler des dossiers Epstein. Quarante-deux pour cent affirment en avoir entendu « beaucoup », tandis que 47 % disent en avoir entendu « un peu ». Environ un Américain sur dix n’en a, en revanche, jamais entendu parler.
La question de la responsabilité est au centre des réactions. Soixante-neuf pour cent des personnes interrogées estiment que leur point de vue est « très bien » ou « extrêmement bien » résumé par l’affirmation selon laquelle les dossiers Epstein montrent que les personnes puissantes aux États-Unis sont rarement tenues responsables de leurs actes. Plus de la moitié des répondants — 53 % — déclarent également que ces révélations ont fortement réduit leur confiance envers les dirigeants politiques et économiques du pays.
La défiance à l’égard de la transparence des autorités est encore plus marquée. Trois quarts des sondés pensent que le U.S. government dissimule toujours des informations concernant les clients présumés d’Epstein. Ce dernier avait plaidé coupable en 2008 à plusieurs chefs d’accusation, dont la sollicitation de prostitution impliquant une mineure, et est mort en prison en 2019 alors qu’il attendait son procès pour des accusations fédérales de trafic sexuel.
Le sondage met également en lumière un clivage politique net sur la question de « tourner la page ». Soixante-sept pour cent des répondants se réclamant du Republican Party estiment que l’affirmation selon laquelle « il est temps pour le pays de cesser de parler des dossiers Epstein » correspond au moins partiellement à leur opinion. Chez les sympathisants du Democratic Party, seuls 21 % partagent ce point de vue.
Le sondage Reuters/Ipsos a été réalisé en ligne du 13 au 16 février auprès de 1 117 adultes aux États-Unis. Sa marge d’erreur est de plus ou moins trois points de pourcentage.
Des années après la mort d’Epstein, ces résultats montrent que l’affaire continue de marquer profondément l’opinion publique — non seulement comme un scandale criminel, mais aussi comme le reflet d’une défiance plus large envers le pouvoir, les privilèges et la transparence dans la vie publique américaine. Foto-Ralph Alswang, White House photographer, Wikimedia commons.

















































































































































































