La Belgique et l’Algérie ont signé un nouvel accord de réadmission visant à accélérer le retour des ressortissants algériens ne disposant pas du droit de séjour en Belgique. L’accord a été finalisé
mardi par le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, et la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, aux côtés du ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf.
Cet accord intervient alors que les systèmes belge d’immigration et carcéral sont sous pression croissante. En 2025, les autorités belges ont émis 2 251 obligations de quitter le territoire à des personnes se déclarant de nationalité algérienne. Parmi elles, seulement 85 ont été rapatriées, volontairement ou de force. Actuellement, les prisons belges hébergent 780 détenus algériens, dont 700 n’ont pas de titre de séjour légal.
Selon les ministres, le nouvel accord permettra d’accélérer significativement le processus de réadmission. La période d’identification des ressortissants algériens passera de plusieurs mois à environ 15 jours. De plus, la validité du “laisser-passer”, le document de voyage utilisé pour le retour, sera prolongée d’un jour à 30 jours. Ces mesures visent à faciliter le renvoi des personnes qui résistent au retour et à donner aux autorités plus de flexibilité dans la gestion du processus.
La ministre Van Bossuyt a souligné l’impact global de l’accord : « Avec cet accord de réadmission, nous renforçons la lutte contre l’immigration illégale, réduisons la pression sur nos prisons et rendons notre société plus sûre. Une politique migratoire crédible et globale repose sur le retour effectif des personnes qui n’ont pas le droit de rester en Belgique. »
L’accord permet également à plusieurs personnes d’être renvoyées sur un même vol, et la Belgique pourra faire appel à des escortes algériennes en cas de retour forcé.
Accord de dispense de visa lié aux retours
Dans un développement parallèle, les deux pays se sont entendus sur une dispense de visa pour les titulaires algériens de passeports diplomatiques et de service. Van Bossuyt a expliqué que les deux accords sont interconnectés : l’efficacité des retours est liée aux privilèges diplomatiques réciproques. « Si l’un des deux partenaires ne respecte pas son engagement, cela aura également des conséquences pour l’autre accord », a-t-elle déclaré.
Les deux accords nécessitent encore l’approbation du parlement avant d’entrer en vigueur.
Contexte : Relations Belgique–Algérie
La Belgique et l’Algérie entretiennent des relations historiques et diplomatiques complexes. L’Algérie a été une colonie française jusqu’en 1962, et la Belgique a maintenu des liens étroits avec le pays, notamment à travers le commerce, la coopération énergétique et les questions migratoires. Les deux pays ont déjà signé des accords sur la migration de travail et les échanges étudiants, mais la gestion de la migration irrégulière est devenue un enjeu majeur pour Bruxelles. Le nouvel accord de réadmission reflète l’intérêt des deux pays à renforcer la coopération bilatérale sur la migration tout en assurant un cadre légal pour la circulation des personnes. Foto-Eintracht4ever, Wikimedia commons.






















































































































































































