Dans la ville ensoleillée de Menton — où les Alpes rencontrent la Méditerranée, à quelques kilomètres de la frontière italienne — Louis Sarkozy, 28 ans, tente de
transformer un nom de famille célèbre en avenir politique.
Le fils de l’ancien président français Nicolas Sarkozy se lance dans sa première campagne politique majeure à l’occasion de l’élection municipale de la ville. Mais il le fait avec une particularité : une forme de conservatisme influencée en partie par les États-Unis et l’ère politique de Donald Trump.
Une identité politique façonnée aux États-Unis
Louis Sarkozy a passé une grande partie de son adolescence et du début de sa vingtaine aux États-Unis, où, selon lui, sa vision politique s’est construite durant les années marquées par la présidence de Donald Trump.
Aujourd’hui de retour en France, il tente de traduire cette expérience en un message politique mêlant le libéralisme français classique à des positions plus fermes sur l’immigration et la sécurité — des positions qui rappellent certaines idées du conservatisme américain.
L’élection municipale de Menton constitue pour lui un véritable test politique.
Candidat indépendant, Sarkozy espère que la notoriété de son nom et son positionnement idéologique original lui permettront de rivaliser avec la candidate du parti d’extrême droite National Rally, formation associée à Marine Le Pen.
Un soutien du centre pour barrer la route à l’extrême droite
Bien qu’il ne soit affilié à aucun parti, Louis Sarkozy bénéficie du soutien de plusieurs responsables politiques centristes et de centre-droit, qui voient en lui la meilleure chance d’empêcher une victoire du Rassemblement national.
Sa campagne met principalement l’accent sur des problématiques locales, notamment la crise du logement liée à l’augmentation des locations touristiques de courte durée et les questions de sécurité.
Sarkozy espère reproduire, à une échelle locale, le parcours politique de son père. Dans les années 1980, Nicolas Sarkozy avait utilisé son mandat de maire de Neuilly-sur-Seine comme tremplin vers les plus hautes fonctions de l’État.
Mais le nom Sarkozy peut aussi être un handicap.
Les ennuis judiciaires de l’ancien président — dont une condamnation pour corruption ayant entraîné une brève incarcération — ont terni l’image de la famille. À Menton, certaines réactions hostiles sont apparues : un graffiti proclamant « fils de prisonnier » a récemment été découvert sur le siège de campagne.
Malgré cela, Louis Sarkozy affirme que les électeurs jugent avant tout son programme.
« Les gens ne votent pas pour vous parce que votre nom est Sarkozy, ils votent pour votre projet », a-t-il déclaré.
Entre libéralisme français et conservatisme américain
Figure régulièrement mentionnée dans la presse people française — amateur de moto et affichant plusieurs tatouages — Louis Sarkozy cultive un profil politique atypique.
Il prône une politique ferme contre la criminalité, tout en soutenant la dépénalisation des drogues. S’il reconnaît l’influence américaine sur sa pensée politique, il affirme ne pas être un partisan inconditionnel de Donald Trump.
Il a notamment critiqué certaines décisions de l’ancien président américain, en particulier sa gestion de l’immigration ou ses menaces concernant le Groenland. Mais il lui reconnaît une certaine cohérence politique.
« Il a fait exactement ce qu’il avait promis », estime Sarkozy, ajoutant que Donald Trump est probablement « plus populaire qu’on ne le pense ».
C’est surtout sur le plan économique que l’influence américaine se fait sentir. Selon lui, les lois du travail et le système de retraites français freinent le dynamisme économique du pays.
La France, affirme-t-il, doit permettre aux entreprises de fonctionner plus librement et accepter que les Français travaillent plus longtemps.
« Soit nous réformons maintenant, soit dans 25 ans ce sera le FMI qui nous y obligera », prévient-il.
Une nouvelle génération sur la droite française
Louis Sarkozy s’inscrit dans une nouvelle génération de responsables politiques de droite qui cherchent à introduire certaines idées issues de la politique américaine dans le débat français. Parmi eux figure également Sarah Knafo.
Selon plusieurs analystes, ce type de discours séduit une partie de l’électorat attirée par des dirigeants qui promettent des décisions rapides et des résultats concrets.
Dans le même temps, la droite traditionnelle française traverse une période de recomposition. Le parti Les Républicains peine encore à trouver une stratégie face à la progression du Rassemblement national.
Une bataille électorale incertaine
Le principal adversaire de Louis Sarkozy à Menton est la candidate du Rassemblement national Alexandra Masson, solidement implantée localement et donnée en tête dans le seul sondage réalisé dans la ville.
Masson a critiqué la candidature de Sarkozy, le décrivant comme « un Franco-Américain » parachuté dans la ville sans véritable ancrage local.
Mais si Louis Sarkozy parvient à se qualifier pour un second tour, les alliances avec d’autres candidats pourraient lui ouvrir la voie vers la victoire.
Lors d’un récent déplacement de campagne, il était accompagné de sa mère, Cécilia Attias, venue spécialement de New York pour le soutenir.
Pour elle, cette campagne municipale est avant tout une étape formatrice.
« Louis doit apprendre à connaître la France, et il n’y a rien de mieux qu’un mandat municipal pour cela », a-t-elle déclaré. Foto-TARTAUD-GINESTE, Wikimedia commons.






















































































































































































