
Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a déclaré lundi que les récentes frappes américaines et israéliennes contre l’Iran constituaient une violation
du droit international, tout en estimant qu’elles pouvaient néanmoins être justifiées au nom de la sécurité mondiale.
S’exprimant lors d’une interview sur RTBF La Première, Prévot réagissait à l’opération Epic Fury, lancée tôt samedi par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
« En tant que défenseur du droit international, la Belgique doit reconnaître que la manière dont cette opération a été menée ne respecte pas les normes internationales », a affirmé Prévot, membre du parti Les Engagés. Dans le même temps, il a pointé le caractère répressif du régime iranien, qu’il tient pour responsable de la mort de dizaines de milliers de civils.
« Le droit international doit avant tout protéger les peuples ainsi que leurs droits et libertés fondamentales. À cet égard, on ne peut pas dire que l’Iran soit un élève modèle », a-t-il ajouté.
La sécurité prime sur la pureté juridique
Le ministre a souligné que les principes du droit international ne pouvaient être dissociés des réalités géopolitiques. Après des années d’efforts diplomatiques infructueux visant à convaincre l’Iran de freiner ses programmes balistique et nucléaire, le risque d’une grave crise sécuritaire et d’un embrasement régional devait, selon lui, être évité.
Interrogé sur la justification de l’intervention américano-israélienne au regard de la sécurité internationale, Prévot a répondu : « Je le pense. » Il a toutefois insisté sur le fait que l’action militaire devait rester un ultime recours.
«La force ne peut jamais être la première option. Elle ne doit intervenir que lorsque la diplomatie a clairement échoué », a-t-il déclaré, appelant à la désescalade, au respect du droit international et à un retour à la diplomatie « dès que possible ».
Prudence diplomatique concernant l’ambassadeur iranien
Le chef de la diplomatie belge a également répondu aux appels de Georges-Louis Bouchez, président du Mouvement Réformateur, en faveur de l’expulsion de l’ambassadeur d’Iran en Belgique et de l’annulation d’un accord d’échange de prisonniers.
« Nous devons résister à la tentation des formules faciles », a averti Prévot. Selon lui, une telle décision mettrait en danger le personnel diplomatique belge à Téhéran, alors que sa présence est essentielle pour assister et protéger les ressortissants belges.
« À un moment où tout doit être fait pour garantir la sécurité de nos compatriotes, il serait irresponsable de prendre des mesures qui affaiblissent notre capacité à leur venir en aide », a-t-il insisté.
Bouchez estime pour sa part que la Belgique et l’Union européenne devraient soutenir les États-Unis et Israël dans leurs actions visant à renverser le régime iranien. Selon lui, le droit international « ne doit pas servir à protéger des régimes autoritaires ». Il s’interroge : « Où était le droit international lorsque l’Iran a assassiné des dizaines de milliers de ses propres citoyens innocents ? », affirmant que l’intervention extérieure faisait suite à des soulèvements populaires soutenus par Washington et Tel-Aviv.
Des milliers de Belges concernés dans la région
Maxime Prévot a enfin confirmé qu’environ 26 000 Belges se trouvent actuellement dans la région au sens large, dont quelque 2 450 touristes bloqués au Moyen-Orient. Près de la moitié d’entre eux se trouvent à Dubaï. À ce stade, aucune évacuation n’est possible, en raison de la fermeture de l’espace aérien dans une grande partie de la zone.
Des discussions sont en cours avec d’autres pays européens afin d’évaluer quand les départs pourront reprendre. Le ministre a appelé les voyageurs belges à faire preuve de patience et à respecter strictement les consignes de sécurité locales. Foto-Konrad Laskowski / MFA, Gov.pl, Wikimedia commons.





















































































































































































