
La France a exprimé sa surprise face à la présence de la Commission européenne à la première réunion du Board of Peace, une initiative soutenue par les États-Unis et organisée à Washington.
Paris estime que l’exécutif européen ne dispose pas de l’autorité nécessaire pour représenter les États membres de l’Union européenne.
S’exprimant jeudi, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a déclaré que la décision d’envoyer une commissaire avait surpris la France, soulignant l’absence de mandat formel accordé par les gouvernements de l’UE. Il a ajouté que la France ne participerait pas à cette initiative tant que ses objectifs ne seraient pas clarifiés et alignés sur les efforts internationaux concernant Gaza.
«Concernant la Commission européenne et sa participation, nous sommes en réalité surpris, car elle ne dispose pas d’un mandat du Conseil pour y participer », a-t-il indiqué, en référence aux États membres de l’Union.
Selon Paris, le Board of Peace devrait recentrer ses travaux sur la situation à Gaza, conformément à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Tant que cette ambiguïté persistera, la France affirme qu’elle ne prendra pas part aux discussions.
La réunion, présidée par le président américain Donald Trump, rassemble des représentants de plus de 45 pays. Toutefois, la plupart des gouvernements européens ont choisi de ne pas y envoyer de responsables de premier plan. Malgré cela, la Commission a confirmé que sa commissaire chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica, y assisterait en tant qu’observatrice.
À la veille de la rencontre, Mme Šuica a affirmé sur le réseau social X que l’objectif de la Commission était de promouvoir « une action coordonnée, une gouvernance responsable et des résultats tangibles pour le peuple palestinien».
Sa participation a néanmoins suscité des réserves dans plusieurs capitales européennes. Des diplomates de différents États membres s’interrogent sur la capacité de la Commission à décider seule de prendre part à une instance que nombre de gouvernements européens considèrent comme susceptible de fragiliser le droit international et les mécanismes existants sous l’égide de l’ONU.
«Il est surprenant que la Commission ait décidé d’être représentée à cet événement, alors que de nombreux pays ont exprimé des inquiétudes quant à une possible instrumentalisation de l’initiative », a déclaré un diplomate belge, estimant que certains y voient une tentative de marginaliser les Nations unies.
Cette controverse met en lumière de nouvelles tensions au sein de l’Union européenne sur les questions de représentation et de compétences en matière de politique étrangère, ainsi que sur la manière d’aborder le conflit à Gaza sur la scène internationale. Foto- European Parliament from EU, Wikimedia commons.






















































































































































































