Bruno Retailleau, figure chevronnée de la droite et ancien ministre de l’Intérieur, a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, rejoignant ainsi la liste croissante des prétendants
à la succession de Emmanuel Macron.
Dans une allocution diffusée jeudi sur ses réseaux sociaux, Bruno Retailleau a dressé un constat alarmiste, estimant que la France s’était affaiblie dans un monde où les grandes puissances « prédatrices » imposent de plus en plus leur loi. Sans citer directement le chef de l’État, il a dénoncé des années d’« excès technocratiques » qui auraient, selon lui, entravé la capacité du pays à agir.
Se positionnant clairement sur une ligne d’autorité, le responsable conservateur a fait de la sécurité et de l’immigration des piliers de son projet. Il a promis de rétablir l’ordre « dans les rues comme aux frontières », allant jusqu’à évoquer le recours à des référendums pour réformer en profondeur les lois sur l’immigration et la justice pénale. « Je serai le président de l’ordre, de la justice et de la fierté française », a-t-il affirmé.
Sur le terrain économique, Bruno Retailleau plaide pour une réindustrialisation du pays, tout en appelant à « réorienter la protection de l’environnement vers une écologie du progrès », qu’il présente comme compatible avec la croissance et la compétitivité.
Sénateur de la Vendée, à l’ouest de la France, âgé de 65 ans, il a également dirigé le parti de centre droit Les Républicains. Il a occupé le poste de ministre de l’Intérieur entre 2024 et 2025, d’abord sous le gouvernement de Michel Barnier, puis dans celui de François Bayrou. Son passage au gouvernement a toutefois été marqué par des tensions. Reconduit lors de l’arrivée de Sébastien Lecornu à Matignon, il a rapidement démissionné, en désaccord avec la composition du nouveau cabinet. Cet épisode a fragilisé son image politique.
Les premières enquêtes d’opinion dressent un tableau peu favorable. Selon un sondage Ifop publié cette semaine, 69 % des personnes interrogées estiment que Bruno Retailleau n’a pas l’étoffe d’un président. Malgré cela, le poids parlementaire de son parti pourrait lui donner un rôle clé si sa candidature échoue avant le second tour.
Cette influence potentielle attise déjà l’intérêt de ses rivaux, en particulier à l’extrême droite. Le Rassemblement national, conduit par Marine Le Pen et son dauphin Jordan Bardella, domine actuellement les sondages, porté par un discours axé sur l’immigration et la sécurité — des thèmes également centraux pour Retailleau.
Durant son mandat au ministère de l’Intérieur, ce dernier s’est illustré par une volonté d’accélérer les expulsions et de durcir la lutte contre le trafic de drogue. Mais face à une extrême droite solidement installée sur ces sujets, il pourrait peiner à se démarquer.
Depuis son départ du gouvernement, Bruno Retailleau s’est montré très critique à l’égard de l’exécutif, fustigeant notamment les concessions accordées aux socialistes pour faire adopter le budget 2026 et éviter une chute du gouvernement. À l’aube de la campagne de 2027, il mise désormais sur la lassitude des électeurs vis-à-vis du centre et sur les inquiétudes liées à la sécurité et à la souveraineté pour relancer une droite conservatrice en quête de second souffle. Foto-Anthonymontardyfr, Wikimedia commons.






















































































































































































