Les fabricants de drones français alertent sur le risque de voir la France prendre davantage de retard face à la concurrence internationale si l’État n’augmente pas son soutien financier
au secteur, a averti mardi une organisation professionnelle.
Bien que la France soit l’un des plus importants budgets de défense en Europe, les industriels du drone estiment que les plans actuels d’investissement restent insuffisants pour assurer la croissance du secteur et maintenir l’indépendance technologique du pays.
Des dizaines d’entreprises françaises ont rencontré des responsables militaires et politiques lors de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelenskiy à Paris le mois dernier, dans l’espoir de décrocher de nouvelles commandes et de renforcer les partenariats internationaux.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré aux parlementaires la semaine dernière que l’augmentation de la production de drones était une priorité nationale. Il a précisé que le projet de budget de la défense pour 2026 prévoyait 150 millions d’euros destinés à l’industrie du drone.
Si ce montant représente une hausse par rapport aux années précédentes, il reste insuffisant pour garantir la souveraineté industrielle, a affirmé Antoine Level, président de l’Association française du drone (ADIF), qui représente notamment les entreprises Delair et Parrot.
L’ADIF avait demandé à l’État 250 millions d’euros d’investissement annuel, dont 170 millions consacrés spécifiquement à des acquisitions publiques et aux commandes de l’État, a indiqué Level à Reuters.
Sans cet effort, la France risque de se laisser distancer par des pays concurrents comme le Royaume-Uni, qui a annoncé en octobre avoir consacré 600 millions de livres (799 millions de dollars) pour livrer plus de 85 000 drones à l’Ukraine au premier semestre 2025. Cette enveloppe s’ajoute au milliard de dollars dévoilé par Washington en juin dans le cadre du programme « Unleashing American Drone Dominance ».
L’incertitude demeure également autour de l’adoption du budget français pour 2026, qui n’est toujours pas finalisé à l’approche de la fin de l’année.
Les fabricants français gardent toutefois un certain optimisme. Ils espèrent bénéficier d’une partie des 3,5 milliards d’euros supplémentaires consacrés à la défense annoncés par le président Emmanuel Macron, ainsi que des discussions prévues début 2026 pour mettre à jour la Loi de programmation militaire et répartir ces nouveaux fonds. Foto-Potushaft, Wikimedia commons.






















































































































































































