Deux grands pétroliers chargés de pétrole brut saoudien ont été touchés par des projectiles non identifiés à quelques minutes d’intervalle alors qu’ils quittaient le détroit d’Ormuz, selon
des sociétés spécialisées dans le renseignement maritime et le suivi des navires.
Les incidents se sont produits lundi soir au large des côtes omanaises et témoignent d’une nouvelle dégradation de la sécurité dans l’une des principales voies maritimes stratégiques au monde.
La société de renseignement maritime Marisks a indiqué que les attaques contre les deux navires avaient été signalées presque simultanément, les qualifiant de nouvelle aggravation des risques auxquels sont confrontés les navires commerciaux dans le corridor omanais.
Le très grand pétrolier (VLCC) battant pavillon saoudien Sidr a été touché vers 19h52 UTC alors qu’il naviguait à environ 16,6 milles nautiques au nord-est de Khasab, à Oman, selon Marisks.
Quelques minutes plus tard, le Senegal Prosperity, un VLCC battant pavillon libérien, aurait été atteint par trois projectiles non identifiés à environ 17 milles nautiques à l’est de Khasab. Tous les membres de l’équipage seraient sains et saufs.
L’agence britannique United Kingdom Maritime Trade Operations a également signalé que trois projectiles avaient frappé un pétrolier dans la même zone alors qu’il quittait le détroit d’Ormuz, ce qui semble correspondre à l’un des deux incidents.
Bahri, qui exploite le Sidr, et Sinokor, opérateur du Senegal Prosperity, n’ont pas immédiatement réagi aux demandes de commentaires.
Les deux navires transportaient d’importantes quantités de brut saoudien. Selon les données de la société d’analyse maritime Kpler, chacun avait chargé environ deux millions de barils de pétrole saoudien au terminal de Juaymah la semaine précédente.
Ces attaques interviennent alors que le trafic commercial dans le détroit d’Ormuz reste fortement perturbé dans le contexte d’une confrontation plus large impliquant l’Iran, les États-Unis et plusieurs puissances régionales. Les restrictions et les blocus imposés autour de cette voie maritime ont fortement réduit les exportations énergétiques du Golfe et accru l’incertitude sur les marchés pétroliers.
Le détroit d’Ormuz constitue une artère essentielle pour l’approvisionnement énergétique mondial. Avant l’escalade actuelle, environ un cinquième du pétrole mondial y transitait traditionnellement. Les efforts de médiation menés notamment par Oman et le Qatar pour parvenir à un accord permettant une reprise plus libre du trafic maritime n’ont jusqu’à présent pas permis de débloquer la situation.
Les derniers incidents surviennent également dans un contexte de regain des tensions militaires. Les cours du pétrole ont progressé mardi après que le président américain Donald Trump a de nouveau menacé de recourir à la force contre l’Iran, à la suite de nouveaux échanges de tirs ayant mis fin à une période d’accalmie relative depuis la fin juillet.
Les expéditions de pétrole saoudien à travers le détroit avaient repris en août, après que Saudi Aramco eut relancé les chargements et les ventes de brut depuis des terminaux situés à l’intérieur du détroit.
La situation sécuritaire demeure très instable et les nouvelles attaques font craindre aux armateurs et aux négociants en énergie une aggravation des risques liés à la navigation dans cette zone stratégique.
Plus tôt mardi, des médias iraniens avaient également rapporté qu’un pétrolier saoudien avait été intercepté alors qu’il empruntait le corridor sud du détroit d’Ormuz. Les autorités saoudiennes n’avaient pas immédiatement confirmé cette information. Foto-Ali khodabakhsh, Wikimedia commons.





















































































































































































