L’Iran a informé la France que deux employés de son ambassade à Téhéran ne seraient pas autorisés à revenir dans le pays, aggravant un différend diplomatique qui a encore tendu les
relations entre les deux gouvernements.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé cette décision lundi, accusant les deux responsables français d’avoir enfreint la Convention de Vienne en participant à des activités destinées à soutenir la société civile iranienne.
Le porte-parole du ministère, Esmaeil Baghaei, a affirmé que les deux employés avaient participé à des programmes de soutien à la société civile, estimant que cette activité constituait une violation des règles encadrant le fonctionnement des missions diplomatiques.
« Insister sur le fait que ces personnes étaient engagées dans des activités liées au soutien de la société civile constitue en soi un aveu de violation de la Convention de Vienne », a déclaré Baghaei lors de son point de presse hebdomadaire, sans fournir davantage de précisions.
Le différend porte notamment sur le rôle des deux employés de l’ambassade, dont le travail avait été présenté par la France comme faisant partie de ses efforts visant à maintenir des liens avec les étudiants, les artistes et les organisations de la société civile iranienne.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait déclaré le mois dernier que les deux employés étaient chargés de développer des programmes en faveur de la société civile iranienne, notamment dans les milieux étudiants et artistiques. Il avait défendu cette politique, affirmant que la France figurait parmi les pays qui apportent le plus de soutien à la société civile iranienne, malgré les risques associés à cet engagement.
Cette nouvelle escalade intervient après une forte dégradation des relations entre Paris et Téhéran. La France avait convoqué le chargé d’affaires iranien le 21 juillet, accusant les forces de sécurité iraniennes d’avoir détenu et intimidé physiquement des membres de son personnel diplomatique à Téhéran.
L’Iran met régulièrement en garde contre ce qu’il considère comme une ingérence étrangère dans ses affaires intérieures, en particulier lorsque des gouvernements occidentaux entretiennent des liens avec des organisations de la société civile.
Le différend intervient également dans un contexte régional particulièrement tendu, après les frappes militaires américaines et israéliennes lancées contre l’Iran à la fin du mois de février. La poursuite du conflit exerce une pression supplémentaire sur des relations déjà difficiles entre Téhéran et les capitales occidentales.
Pour Paris, le refus iranien d’autoriser le retour des deux employés constitue un nouveau revers diplomatique et illustre les conditions de plus en plus difficiles auxquelles sont confrontés les gouvernements européens en Iran.
Cette affaire devrait continuer à alimenter les tensions entre la France et l’Iran, les deux parties défendant des interprétations radicalement différentes de la Convention de Vienne et de l’étendue des activités diplomatiques pouvant être menées sur le territoire iranien. Foto-ninara, Wikimedia commons.























































































































































































