La Commission européenne a levé 11 milliards d’euros auprès d’investisseurs internationaux dans le cadre de sa huitième opération syndiquée d’émission d’obligations de l’Union
européenne en 2026, poursuivant ainsi son programme de financement pour le second semestre de l’année.
L’opération était composée de deux nouvelles obligations : une obligation européenne de 6 milliards d’euros à trois ans, arrivant à échéance le 12 mars 2030, et une obligation de 5 milliards d’euros à 30 ans, dont l’échéance est fixée au 12 octobre 2056.
Cette opération s’inscrit dans le cadre du programme de financement de 80 milliards d’euros prévu par la Commission pour le second semestre 2026. Les fonds levés par l’Union européenne sur les marchés financiers servent à financer plusieurs priorités européennes, notamment le renforcement de l’économie et de la résilience de l’UE, le soutien à l’Ukraine ainsi que des investissements dans la défense européenne.
Les deux obligations ont été valorisées à partir de points de référence de la courbe des obligations de l’UE. Selon la Commission, cette méthode reflète l’amélioration de la liquidité du marché des obligations européennes et permet d’utiliser plus fréquemment cette courbe comme référence pour déterminer le prix des émissions syndiquées.
Une forte demande des investisseurs
L’obligation à trois ans affiche un coupon de 3,375 % et a été émise avec un rendement de 3,495 %, correspondant à un prix de 99,629 %. Le carnet d’ordres final a dépassé 72 milliards d’euros, soit une demande environ 12 fois supérieure au montant proposé.
L’obligation a été fixée avec un écart de 6 points de base par rapport à l’obligation européenne arrivant à échéance en juillet 2029. Son prix représentait également un écart de 22,6 points de base par rapport au Bund allemand comparable et se situait 15,6 points de base en dessous de l’OAT française de référence.
La nouvelle obligation à 30 ans affiche quant à elle un coupon de 4,5 %. Elle a été proposée avec un rendement de 4,541 %, pour un prix correspondant de 99,329 %.
L'intérêt des investisseurs a été encore plus marqué pour cette obligation à très long terme. Le carnet d’ordres final a dépassé 80 milliards d’euros, soit une demande représentant environ 16 fois le montant de 5 milliards d’euros mis sur le marché.
L’obligation a été valorisée avec un écart de 3 points de base par rapport à l’obligation européenne arrivant à échéance en octobre 2055. Elle affichait également un écart de 64,7 points de base au-dessus du Bund allemand comparable et de 57,5 points de base en dessous de l’OAT française de référence.
La Commission a indiqué que les informations relatives à la répartition des obligations entre les différents investisseurs sont disponibles sur sa plateforme consacrée aux relations avec les investisseurs et aux opérations d’emprunt de l’UE.
Barclays, CACIB, Citi, DZ Bank et JPMorgan ont agi en qualité de chefs de file conjoints de l’opération. Commerzbank, Intesa, KBC, LBBW et Piraeus ont participé en tant que co-chefs de file.
Une nouvelle étape du programme d’emprunt européen
Cette nouvelle émission intervient alors que l’Union européenne joue un rôle croissant sur les marchés internationaux de capitaux. La Commission européenne est habilitée, en vertu des traités européens, à emprunter au nom de l’Union sur les marchés internationaux afin de financer certains programmes européens.
Ces programmes comprennent notamment NextGenerationEU, les mécanismes d’aide financière à l’Ukraine et à d’autres pays voisins, ainsi que l’initiative Security Action for Europe (SAFE), destinée à soutenir les investissements urgents des États membres dans le domaine de la défense, notamment au moyen d’achats conjoints.
La dette totale de l’Union européenne en circulation s’élève actuellement à environ 849,27 milliards d’euros. Sur ce montant, environ 43,9 milliards d’euros correspondent à des EU-Bills, tandis qu’environ 84,3 milliards d’euros prennent la forme d’obligations vertes NextGenerationEU. Ces chiffres correspondent aux montants en circulation pour la période de référence et peuvent différer des décaissements effectués dans le cadre des différents programmes en raison de l’approche de financement unifiée de la Commission.
Depuis janvier 2023, la Commission applique une stratégie de financement unifiée, dans le cadre de laquelle elle émet des obligations européennes sous une marque unique afin de financer différents programmes de l’UE, plutôt que de procéder à des émissions distinctes pour chaque programme. Elle émet également des obligations vertes NextGenerationEU destinées à financer la composante verte de la Facilité pour la reprise et la résilience.
La Commission utilise à la fois des adjudications et des émissions syndiquées pour lever des fonds. Les adjudications permettent d’attribuer les EU-Bills et les EU-Bonds dans le cadre d’un processus d’offres concurrentielles entre les Primary Dealers. Les opérations syndiquées reposent, quant à elles, sur un groupe de banques qui commercialisent et distribuent directement les obligations auprès des investisseurs. Cette méthode permet notamment d’accéder à une base d’investisseurs plus large et est particulièrement adaptée aux opérations importantes ou aux premières émissions.
Les emprunts de l’Union européenne sont finalement garantis par le budget de l’UE. En vertu des traités européens, les États membres ont l’obligation juridique inconditionnelle de contribuer à ce budget.
Avec cette nouvelle opération de 11 milliards d’euros, la Commission européenne poursuit donc son programme de financement sur les marchés de capitaux pour 2026. Les carnets d’ordres particulièrement importants enregistrés pour les deux échéances témoignent de la forte participation des investisseurs à cette émission.























































































































































































