Lors de sa visite en France, le pape Léon XIV a réaffirmé vendredi l’opposition de l’Église catholique à l’aide à mourir, quelques semaines après l’adoption par le pays d’un cadre légal
autorisant, sous certaines conditions, l’accès à une aide médicale à mourir pour des personnes atteintes de maladies incurables.
Le souverain pontife, premier pape américain de l’histoire, n’a pas directement cité la nouvelle législation française, qui avait suscité une vive opposition de la part de plusieurs évêques catholiques. Mais, dans un discours prononcé au palais de l’Élysée devant le président Emmanuel Macron, des responsables politiques, des représentants de la société civile et le corps diplomatique, il a exprimé ses inquiétudes face à plusieurs évolutions de la bioéthique.
« Je réaffirme avec force que la protection du droit à la vie constitue le fondement indispensable de tous les autres droits de l’homme », a déclaré le pape.
Léon XIV a notamment mis en garde contre les situations dans lesquelles les progrès scientifiques et technologiques pourraient, selon lui, être soumis à des intérêts commerciaux au détriment des principes éthiques.
« Je suis parfois préoccupé par certaines tendances de nos sociétés qui risquent de transformer la science et la technologie en entreprises guidées par le profit », a-t-il déclaré, citant notamment la manipulation génétique, la gestation pour autrui, le commerce d’organes humains et la possibilité de choisir les conditions de sa propre mort.
Ses propos interviennent alors que la France vient de franchir une étape majeure dans un débat sur la fin de vie qui dure depuis plusieurs années. La question de l’aide à mourir a profondément divisé la classe politique, les professionnels de santé, les organisations religieuses et la société française.
L’Église catholique française s’est régulièrement opposée à toute légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté, estimant que la protection de la vie humaine devait rester un principe central de la législation sur la fin de vie.
Le pape a également évoqué la gestation pour autrui, qui demeure interdite en France. La question reste toutefois présente dans le débat juridique français, notamment concernant le statut des enfants nés à l’étranger grâce à une GPA.
La plus haute juridiction française a récemment confirmé que les enfants nés d’une gestation pour autrui à l’étranger doivent, dans certaines circonstances, pouvoir être reconnus en France comme les enfants de leurs parents d’intention.
Le discours de Léon XIV à Paris illustre ainsi les tensions persistantes entre les évolutions de la législation française en matière de bioéthique et la position de l’Église catholique, qui continue de défendre une conception fondée sur la protection inconditionnelle de la vie humaine. Foto -Gobierno de la República Argentina, Wikimedia commons.
























































































































































































