
La Haye accentue la pression sur les instances sportives internationales et prévient que les athlètes russes et biélorusses pourraient se heurter à des obstacles en matière de visas s’ils
cherchent à participer sous leurs drapeaux nationaux à des compétitions organisées aux Pays-Bas.
Le gouvernement néerlandais envisage de recourir à sa politique de visas pour empêcher des athlètes russes et biélorusses de participer sous les symboles nationaux de leurs pays à de grandes compétitions sportives, notamment aux Jeux olympiques d’hiver de 2030 à Heerenveen.
La ministre des Sports, Mirjam Sterk, a déclaré au quotidien De Telegraaf que les Pays-Bas utiliseraient tous les moyens à leur disposition pour s’opposer au retour des athlètes russes dans les compétitions internationales sous le drapeau russe.
Le gouvernement néerlandais fait également pression sur le Comité international olympique (CIO) afin qu’il reconsidère sa décision de rétablir l’éligibilité de la Russie aux grandes compétitions internationales.
La décision prise cet été par le CIO a ouvert la voie à une participation russe aux Jeux olympiques d’été de 2028 à Los Angeles, marquant un assouplissement des restrictions imposées après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie.
La Russie avait été suspendue des compétitions sportives internationales en 2023, notamment après l’implication des autorités russes dans des organisations sportives opérant dans les territoires ukrainiens occupés.
Pour les Pays-Bas, la question pourrait devenir particulièrement sensible en 2030, lorsque le pays doit accueillir des épreuves olympiques de patinage de vitesse à Thialf, à Heerenveen.
Il s’agira de la première compétition olympique organisée sur le sol néerlandais depuis les Jeux d’Amsterdam de 1928.
Interrogée sur ce qui se passerait si des patineurs russes se qualifiaient pour les épreuves de 2030, Mirjam Sterk a laissé entendre que le gouvernement pourrait examiner la possibilité de leur refuser l’entrée sur le territoire néerlandais.
« Il faudrait examiner ce que cela implique pour les visas », a-t-elle déclaré au journal.
La ministre a ensuite précisé que la position du gouvernement ne concernait pas uniquement les athlètes individuels.
« Le gouvernement considère comme indésirable la participation d’athlètes et d’équipes russes et biélorusses sous leurs propres drapeaux et symboles nationaux lors d’événements sportifs aux Pays-Bas et fera tout ce qui est en son pouvoir pour l’empêcher », a-t-elle déclaré.
Cette politique s’appliquerait aussi bien aux athlètes individuels qu’aux équipes nationales et aux équipes de clubs représentant la Russie ou la Biélorussie.
Les Pays-Bas ciblent également le financement du sport international
La position néerlandaise s’inscrit dans une campagne européenne plus large visant à accroître la pression sur les organisations sportives qui ont commencé à rétablir la participation de la Russie.
En juillet, les Pays-Bas se sont joints à huit autres pays de l’Union européenne, sous l’impulsion de l’Estonie, pour demander à la Commission européenne de réexaminer le financement européen accordé au CIO et à d’autres fédérations sportives internationales ayant réintégré des athlètes russes.
Les neuf pays ont notamment évoqué la possibilité d’exclure ces organisations de programmes européens tels qu’Erasmus+.
Mirjam Sterk a reconnu que les fédérations sportives demeuraient responsables en premier lieu des conditions de participation aux compétitions. Mais, selon elle, les gouvernements ne peuvent ignorer la dimension politique du sport international.
Le gouvernement néerlandais, a-t-elle expliqué, soulève directement la question auprès des organisations sportives.
« La Russie utilise également cela pour faire passer des messages politiques », a déclaré la ministre, estimant que la présence de représentants russes sous les symboles nationaux du pays risque d’offrir à Moscou une nouvelle tribune politique.
La position du gouvernement bénéficie également d’un soutien au Parlement néerlandais.
La députée du parti D66, Hanneke van der Werf, a soutenu la ministre, tout en reprochant au gouvernement de ne pas avoir exprimé plus fermement sa position auparavant.
Selon elle, le sport ne peut pas être considéré comme un domaine isolé lorsque des gouvernements utilisent délibérément les compétitions internationales pour servir leurs objectifs politiques.
« Le sport n’est pas séparé de la réalité lorsqu’un régime l’utilise délibérément à des fins politiques », a déclaré Hanneke van der Werf au De Telegraaf.
Le débat devrait s’intensifier alors que les instances sportives internationales poursuivent leurs discussions sur les conditions dans lesquelles les compétiteurs russes et biélorusses pourraient retrouver pleinement leur place dans les compétitions mondiales.
Pour les Pays-Bas, la question pourrait devenir particulièrement concrète à l’approche de 2030 : si des athlètes russes se qualifient pour des épreuves olympiques organisées sur le territoire néerlandais, le gouvernement devra déterminer si son opposition relève uniquement du message politique ou s’il est prêt à la traduire en mesures concrètes à la frontière. Foto-josefstuefer, Wikimedia commons.























































































































































































