Macron appelle à une interdiction européenne des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans

 

Le président français Emmanuel Macron appelle l’Union européenne à instaurer une interdiction à l’échelle des 27 États membres afin d’empêcher les moins de 15 ans d’accéder aux

réseaux sociaux, estimant qu’une action plus ferme est nécessaire pour mieux protéger les jeunes Européens.

Dans une lettre adressée le 29 août à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, Emmanuel Macron plaide pour l’adoption d’une approche commune au niveau européen. Cette initiative intervient après l’échec du projet français visant à imposer des restrictions similaires au niveau national.

Le Conseil constitutionnel français a en effet censuré cet été le texte qui devait entrer en vigueur en septembre. Face à cet obstacle, Emmanuel Macron souhaite désormais que les règles soient harmonisées dans l’ensemble de l’Union européenne, plutôt que de laisser chaque pays définir séparément ses propres limites.

Selon le président français, une législation européenne commune est devenue nécessaire pour garantir à tous les enfants de l’Union un niveau de protection comparable face aux plateformes numériques.

La question prend une importance croissante en Europe, alors que plusieurs gouvernements s’inquiètent des conséquences de l’utilisation des réseaux sociaux sur la sécurité, le bien-être et la santé mentale des jeunes. Plusieurs États étudient actuellement de nouvelles restrictions, même si les gouvernements européens restent divisés sur le rôle que doit jouer la réglementation.

Dans certains pays, notamment en Scandinavie, les autorités considèrent qu’il revient avant tout aux parents de décider à quel âge leurs enfants doivent commencer à utiliser les réseaux sociaux.

Emmanuel Macron, qui entame sa dernière année à la présidence française avant l’élection présidentielle de 2027, a fait de la limitation de l’accès des enfants aux réseaux sociaux l’une de ses priorités politiques. Il cherche également à convaincre ses homologues européens de soutenir une approche coordonnée.

La France prévoit parallèlement de revoir son propre dispositif après la décision du Conseil constitutionnel. Mais les divisions politiques au Parlement et les négociations budgétaires particulièrement difficiles pourraient compliquer l’adoption d’une nouvelle législation nationale.

La proposition française est par ailleurs plus stricte que l’approche actuellement envisagée par la Commission européenne.

En juillet, Ursula von der Leyen avait indiqué que l’Union européenne travaillait sur des mesures visant à limiter l’accès des jeunes enfants aux réseaux sociaux dans l’ensemble des 27 États membres. Les recommandations d’experts examinées par la Commission privilégient un système progressif plutôt qu’une interdiction générale fondée sur un âge unique.

Dans ce scénario, les enfants de moins de 13 ans pourraient bénéficier uniquement d’un accès limité et placé sous supervision, tandis que les restrictions seraient progressivement assouplies à mesure qu’ils avanceraient en âge.

Emmanuel Macron défend une ligne plus stricte, avec une interdiction générale de l’accès aux réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans.

Son appel intervient à l’approche du prochain discours sur l’état de l’Union d’Ursula von der Leyen devant le Parlement européen. La question de l’accès des enfants aux réseaux sociaux pourrait ainsi prendre une place importante dans les prochaines discussions politiques à Bruxelles. Foto-Jacques Paquier, Wikimedia commons.