
La proportion de jeunes adultes ayant obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur dans l’Union européenne a atteint près de 45 %, rapprochant ainsi le bloc de son objectif fixé pour
2030, selon les dernières données d’Eurostat.
En 2025, 44,8 % des personnes âgées de 25 à 34 ans dans l’UE avaient achevé des études supérieures, contre 27,2 % en 2005. Cette progression de 17,6 points de pourcentage en deux décennies témoigne de l’expansion continue de l’enseignement supérieur en Europe.
L’UE s’est fixé pour objectif que, d’ici 2030, au moins 45 % des personnes de cette tranche d’âge soient titulaires d’une qualification de l’enseignement supérieur, dans le cadre stratégique de l’Espace européen de l’éducation.
Les derniers chiffres montrent que cet objectif est désormais à portée de main, même si d’importants écarts subsistent entre les pays, les femmes et les hommes ainsi qu’entre les zones urbaines et rurales.
Les femmes restent nettement plus nombreuses à avoir fait des études supérieures
La progression de l’enseignement supérieur a concerné aussi bien les femmes que les hommes, mais les femmes continuent d’afficher des taux de diplômés nettement plus élevés.
En 2025, 50,5 % des femmes âgées de 25 à 34 ans avaient achevé des études supérieures, contre 39,3 % des hommes.
Cet écart entre les sexes s’inscrit dans une tendance observée depuis plusieurs années dans une grande partie de l’Europe, les femmes représentant désormais une proportion croissante des diplômés des universités et des autres établissements d’enseignement supérieur.
Les données mettent également en évidence une forte dimension géographique.
Plus de la moitié — 55,0 % — des jeunes adultes vivant dans les villes étaient titulaires d’une qualification de l’enseignement supérieur en 2025. Cette proportion tombait à 38,4 % dans les villes petites et banlieues, et à seulement 32,9 % dans les zones rurales.
Ces chiffres témoignent de la concentration persistante des niveaux de formation supérieure dans les centres urbains, où l’accès aux universités, aux établissements d’enseignement supérieur et aux emplois qualifiés est généralement plus important.
Malte, le Luxembourg et l’Irlande enregistrent les plus fortes progressions
Tous les États membres de l’UE ont enregistré une hausse du niveau de formation supérieure chez les 25-34 ans entre 2005 et 2025, mais l’ampleur de cette progression varie fortement d’un pays à l’autre.
Malte a enregistré la plus forte hausse, avec une progression de 29,9 points de pourcentage sur la période. Le Luxembourg arrive en deuxième position avec une augmentation de 28,0 points, suivi de l’Irlande avec 25,9 points.
À l’autre extrémité du classement, la Finlande affiche la progression la plus faible, avec seulement 0,7 point de pourcentage. La Roumanie a enregistré une hausse de 9,5 points et l’Estonie de 11,2 points.
Ces différences reflètent notamment les spécificités des systèmes éducatifs nationaux, les évolutions démographiques, la structure des marchés du travail et le rythme auquel les pays ont développé l’accès à l’enseignement supérieur.
La demande de compétences transforme également l’enseignement supérieur
Selon Eurostat, l’augmentation à long terme du nombre de diplômés de l’enseignement supérieur s’explique en partie par les investissements réalisés dans ce secteur et par la demande croissante de travailleurs disposant de compétences avancées.
Les réformes liées au processus de Bologne ont également contribué à modifier les systèmes universitaires européens. Elles ont favorisé une plus grande compatibilité entre les systèmes nationaux d’enseignement supérieur et, dans certains pays, le développement de formations diplômantes plus courtes et davantage harmonisées.
L’expansion de l’enseignement supérieur s’est donc accompagnée de changements structurels dans l’organisation et la délivrance des diplômes universitaires à travers l’Europe.
L’éducation au cœur des objectifs de développement durable de l’UE
Le niveau de formation supérieure fait partie des indicateurs utilisés pour suivre les progrès de l’Objectif de développement durable n° 4, consacré à l’éducation de qualité.
Cet objectif vise à garantir à tous un accès équitable à une éducation de qualité et à promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. Il cherche également à accroître le nombre de jeunes et d’adultes disposant des compétences nécessaires pour accéder à l’emploi, exercer des métiers décents et développer des activités entrepreneuriales.
Dans le contexte européen, le suivi de l’ODD 4 porte notamment sur l’enseignement de base, l’enseignement supérieur, la formation des adultes et les compétences numériques.
Les dernières données montrent que l’UE a réalisé des progrès importants vers son objectif de 2030. Mais elles soulignent également la persistance d’inégalités significatives.
L’écart entre les zones urbaines et rurales, tout comme la différence persistante entre les hommes et les femmes, montre que l’atteinte de l’objectif européen de 45 % ne garantira pas, à elle seule, une répartition équitable de l’accès à l’enseignement supérieur dans l’ensemble de la société européenne.
Alors que la moyenne européenne n’est désormais qu’à une fraction du seuil fixé, l’attention pourrait progressivement se déplacer de l’augmentation générale du nombre d’étudiants vers la réduction des écarts persistants entre les pays et les différents groupes de population. Foto-Fliedermaus at lb.wikipedia, Wikimedia commons.