Macron prône une «détox numérique» pour les jeunes et propose une journée sans écrans et une interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans

 

Le président français Emmanuel Macron a appelé les adolescents à s’éloigner des écrans et à redécouvrir le plaisir de la lecture, en présentant des mesures incluant une « journée sans écrans

» mensuelle et des restrictions renforcées sur l’usage des réseaux sociaux chez les mineurs.

S’adressant à des lycéens jeudi, Emmanuel Macron a dressé un constat préoccupant du paysage numérique actuel, qu’il a qualifié de « jungle » ayant détérioré la capacité d’attention des jeunes. Sa proposition prévoit d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans et d’instaurer une journée par mois entièrement dédiée à des activités hors ligne.

« Nous devons ralentir et vous aider à devenir des adultes — et surtout des citoyens », a-t-il déclaré, suggérant que cette journée sans écrans pourrait être consacrée à la lecture à voix haute, au théâtre ou à d’autres activités créatives.

L’Europe s’oriente vers un encadrement plus strict

La France n’est pas la seule à revoir la manière dont les jeunes utilisent les réseaux sociaux. Inspirés notamment par les récentes restrictions mises en place en Australie, plusieurs pays européens envisagent désormais des mesures similaires.

En France, un projet de loi est actuellement en discussion. Si l’Assemblée nationale soutient une interdiction totale pour les moins de 15 ans, le Sénat privilégie une approche plus ciblée, visant uniquement les plateformes jugées nocives. Ce désaccord pourrait retarder l’objectif de mise en œuvre dès la rentrée scolaire prochaine.

Partout en Europe, la dynamique s’accélère. Des pays comme le Royaume-Uni et la Norvège examinent des limites d’âge, généralement comprises entre 13 et 16 ans. Chypre a également annoncé vouloir fixer à 15 ans l’âge minimum pour créer un compte sur les réseaux sociaux. De son côté, l’Union européenne prépare une application de vérification de l’âge dans le cadre d’une stratégie plus large de régulation.

Emmanuel Macron devrait plaider pour une approche coordonnée au niveau européen lors d’échanges avec d’autres dirigeants de l’UE, avec l’objectif d’instaurer une « majorité numérique » en dessous de laquelle l’accès serait restreint.

Des lycéens partagés sur les restrictions

Du côté des jeunes, les avis sont partagés. Certains estiment que la responsabilité incombe avant tout aux parents, tandis que d’autres défendent les réseaux sociaux comme un outil d’apprentissage.

« Je pense que c’est aux parents de surveiller leurs enfants », affirme un élève, tandis qu’un autre souligne : « On apprend beaucoup sur les réseaux sociaux. »

Cependant, les préoccupations liées aux dangers en ligne restent fortes. Les partisans de règles plus strictes évoquent notamment le cyberharcèlement, estimant que les plus jeunes doivent être mieux protégés.

Tous s’accordent toutefois sur un point : les interdictions seraient difficiles à faire respecter. L’exemple de l’Australie, où l’usage des VPN a fortement augmenté pour contourner les restrictions, illustre ces limites.

Une pression accrue sur les géants du numérique

Le débat ne se limite pas aux gouvernements : il concerne aussi la responsabilité des entreprises technologiques. Au Royaume-Uni, le Premier ministre Keir Starmer a exhorté les plateformes à mieux protéger les enfants.

Lors d’une réunion avec des dirigeants de grandes entreprises du secteur, il a estimé que les mesures actuelles étaient insuffisantes, accusant les réseaux sociaux de mettre les enfants « en danger ». Le Royaume-Uni étudie désormais plusieurs options, dont une éventuelle interdiction pour les moins de 16 ans, des couvre-feux numériques et des limitations du temps d’utilisation.

Alors que les pays européens cherchent des solutions, une question demeure : la régulation, le contrôle parental ou une réforme des plateformes sera-t-elle la plus efficace pour protéger les jeunes dans un monde toujours plus connecté ? Foto-Zubro, Wikimedia commons.