Le Kremlin a critiqué le dernier essai français d’un missile à capacité nucléaire, accusant les pays européens de définir de plus en plus leur politique de sécurité autour de la confrontation
avec la Russie et avertissant qu’une telle approche conduirait à une impasse.
L’armée française a procédé mardi à un tir d’essai d’un missile balistique lancé depuis un sous-marin au large des côtes bretonnes. Le président Emmanuel Macron a présenté cet exercice comme un signal stratégique clair, affirmant que son message avait été transmis « de manière forte et claire » à ceux auxquels il était destiné, sans toutefois désigner explicitement la Russie.
Cet essai intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Moscou et les capitales européennes concernant la guerre menée par la Russie en Ukraine, l’avenir de la défense européenne et le rôle de la dissuasion nucléaire.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré mercredi que Moscou avait pris note des propos d’Emmanuel Macron ainsi que du tir de missile. Il a présenté l’essai français comme la preuve, selon lui, d’une approche européenne de plus en plus axée sur la militarisation de la sécurité.
« Ils construisent leur identité dans le domaine de la défense et de la sécurité sur la base d’une confrontation avec la Fédération de Russie », a déclaré Dmitri Peskov aux journalistes. « C’est une voie sans issue. Comme l’histoire le montre, elle ne mène à rien de bon. »
Dmitri Peskov a affirmé que la Russie suivait attentivement l’évolution de la situation, tout en assurant que les canaux diplomatiques devaient rester ouverts. Selon lui, les différends en matière de sécurité entre la Russie et les pays européens devraient être réglés par la négociation plutôt que par des démonstrations militaires.
« Nous estimons que tous les problèmes doivent être résolus non pas par des tirs de missiles démonstratifs, mais par le dialogue », a-t-il déclaré.
L’essai français s’inscrit dans le cadre du programme de dissuasion nucléaire de la France et intervient alors que les gouvernements européens réévaluent leurs capacités militaires dans le contexte de la guerre en Ukraine. Paris insiste de plus en plus sur la nécessité pour l’Europe de développer des capacités de défense plus autonomes, tandis que Moscou critique régulièrement la coopération militaire européenne et le soutien apporté à Kyiv.
La dernière réaction du Kremlin illustre le fossé croissant entre la Russie et les États européens en matière de politique de sécurité. Moscou a à plusieurs reprises mis en garde les pays occidentaux contre ce qu’il considère comme une nouvelle escalade, tandis que les gouvernements européens estiment que le renforcement de la dissuasion est nécessaire face aux actions de la Russie et à la détérioration générale de la sécurité en Europe.
Cet échange souligne la place désormais croissante de la dissuasion nucléaire dans les débats sur la sécurité européenne, alors que la guerre en Ukraine se poursuit et que les relations entre la Russie et l’Occident restent profondément tendues. Foto-Meghas, Wikimedia commons.