La Commission européenne a donné son feu vert à la troisième demande de paiement du Luxembourg, d’un montant de 92,2 millions d’euros, au titre du fonds européen de relance mis
en place après la pandémie. Cette décision constitue une nouvelle étape vers l’achèvement du plan national de reprise et de résilience du Grand-Duché.
La Commission a estimé que le Luxembourg avait atteint les cinq jalons et les quatre objectifs associés à cette demande de paiement. Les mesures concernent notamment la santé, la protection de l’environnement, la numérisation des services publics, les transports propres et les énergies renouvelables.
Le versement doit toutefois encore franchir une dernière étape avant d’être effectué. Le dossier a été transmis au Comité économique et financier de l’UE, qui dispose de quatre semaines pour rendre son avis.
Parmi les principales mesures mises en avant par Bruxelles figure le développement d’une mobilité plus propre. Le Luxembourg a soutenu l’acquisition de 42 000 véhicules zéro émission, dépassant ainsi l’objectif initial de 38 000. Le pays a également installé 25 MWc de capacité photovoltaïque sur des sites d’entreprises et réformé son dispositif de soutien au biogaz durable.
La transformation numérique constitue un autre volet important du programme. Cinq administrations publiques ont été équipées de systèmes permettant la gestion électronique des documents. Par ailleurs, le Luxembourg et la Belgique ont testé avec succès une liaison transfrontalière de distribution quantique de clés, destinée à renforcer la sécurité des communications numériques.
Le secteur de la santé bénéficie également des investissements européens. Le Luxembourg a adopté des réformes législatives concernant les professions de santé et l’organisation hospitalière. Il a parallèlement déployé la solution numérique « Wëllkomm », qui permet d’assurer un suivi médical à distance des demandeurs d’asile et des personnes bénéficiant d’une protection internationale.
La protection de la nature figure également parmi les priorités du plan. Plus de 50 communes ont satisfait aux critères de certification du programme national « Naturpakt ». Cette initiative vise à transformer les objectifs nationaux en matière de biodiversité et de protection de la nature en mesures concrètes au niveau local.
Le programme comprend enfin un volet consacré à la lutte contre la criminalité financière. Le Luxembourg a renforcé son cadre de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme applicable aux prestataires de services aux sociétés et aux fiducies.
Le Luxembourg avait présenté sa troisième demande de paiement le 24 juillet 2026. Son plan national pour la reprise et la résilience, financé par 241 millions d’euros de subventions européennes, comprend également des mesures dans les domaines du logement abordable, de la formation professionnelle, de la résilience du système de santé, de la numérisation de l’administration, des technologies de communication quantique, des infrastructures de recharge pour véhicules électriques et des énergies renouvelables.
Si le dernier versement est approuvé, le Luxembourg aura reçu au total 182 millions d’euros au titre de la Facilité pour la reprise et la résilience, soit 76 % de son enveloppe nationale. Selon la Commission, 87 % des jalons et objectifs prévus dans le plan ont désormais été réalisés.
Cette nouvelle évaluation intervient alors que le programme NextGenerationEU entre dans sa dernière phase. Les États membres devaient achever les jalons et objectifs encore en suspens avant le 31 août, tandis que leurs dernières demandes de paiement doivent être présentées d’ici à la fin septembre.
Pour le Luxembourg, la décision de Bruxelles constitue ainsi une étape supplémentaire vers l’achèvement de son programme national de relance avant la fermeture de la Facilité pour la reprise et la résilience à la fin de 2026. Foto- Elizaveta Butryn, Wikimedia commons.