
La Commission européenne a proposé de mobiliser 1,1 million d’euros du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation en faveur des travailleurs licenciés (FEM) afin d’aider 351
salariés finlandais ayant perdu leur emploi à la suite de restructurations et de fermetures dans quatre grands groupes papetiers.
Les bénéficiaires travaillaient pour Metsä Group, Stora Enso, UPM Communication Papers et SAPPI, des entreprises qui évoluent dans un secteur confronté à une pression croissante en raison du recul de la demande de produits papetiers traditionnels et des transformations structurelles de l’économie européenne.
Le financement européen proposé vise à faciliter le retour à l’emploi des personnes concernées grâce à des services d’accompagnement personnalisés, à des programmes de reconversion et à des aides financières. Cette enveloppe s’inscrit dans les efforts plus larges de l’Union européenne visant à renforcer la capacité des travailleurs à s’adapter aux évolutions technologiques, économiques et industrielles.
L’industrie papetière européenne est particulièrement touchée par le passage des produits imprimés aux solutions numériques. En Finlande, le secteur a subi des perturbations supplémentaires depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La fermeture de la frontière finlando-russe et la suspension des importations de bois en provenance de Russie ont aggravé les difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises dépendantes des matières premières et des échanges transfrontaliers.
Dans le cadre des mesures proposées, les travailleurs concernés bénéficieraient d’un accompagnement personnalisé à la recherche d’emploi et de conseils en matière d’orientation professionnelle. Un projet pilote utilisant l’intelligence artificielle doit également analyser les besoins de recrutement et les compétences recherchées sur le marché du travail local, afin d’améliorer la mise en relation entre employeurs et demandeurs d’emploi.
Le programme financerait également des formations destinées à permettre aux travailleurs d’acquérir de nouvelles compétences professionnelles et transférables. D’autres formes d’aide comprendraient des incitations à l’embauche pour les employeurs, des aides à la mobilité professionnelle, un soutien financier aux personnes souhaitant créer leur propre entreprise ainsi que des allocations pendant la phase initiale de création d’activité.
Le coût total du programme est estimé à 1,8 million d’euros. La Commission européenne prendrait en charge environ 1,1 million d’euros, soit 60 %, au titre du FEM, tandis que les 735 000 euros restants seraient financés par les régions de l’emploi de South Karelia et de Lohja-Karkkila, qui assurent les services publics locaux de l’emploi.
La Finlande a commencé à apporter son soutien aux travailleurs concernés en janvier 2026. Si la proposition est approuvée, le financement du FEM pourra servir à rembourser rétroactivement les dépenses éligibles déjà engagées.
Le Parlement européen et le Conseil doivent approuver le financement
La proposition de la Commission doit désormais être examinée par le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne.
Son adoption nécessitera une majorité simple au Parlement européen et une majorité qualifiée au sein du Conseil.
Ce dossier illustre le rôle du FEM comme instrument destiné à accompagner les travailleurs confrontés à d’importantes restructurations économiques. Créé en 2007, le fonds a jusqu’à présent été mobilisé dans 192 cas et a permis de consacrer environ 737 millions d’euros à l’accompagnement de plus de 185 000 travailleurs dans 20 États membres de l’UE.
Contrairement aux programmes ordinaires en faveur de l’emploi, le FEM apporte un soutien supplémentaire lorsque des licenciements à grande échelle résultent d’importantes transformations structurelles liées au commerce mondial, aux technologies ou à d’autres évolutions économiques. Il complète les mesures nationales et régionales en matière de marché du travail, sans s’y substituer.
L’UE élargit son soutien aux travailleurs menacés de licenciement
La Commission européenne place de plus en plus la reconversion professionnelle et le développement des compétences au cœur de sa stratégie économique, alors que les industries européennes traversent de profondes transformations technologiques et structurelles.
Le FEM a été actualisé en mai 2026 afin d’élargir son champ d’application au-delà des travailleurs ayant déjà perdu leur emploi. Dans le cadre révisé, les salariés confrontés à un risque imminent de licenciement peuvent également bénéficier d’un accompagnement et de formations, soit pour conserver leur emploi au sein de leur entreprise, soit pour se réorienter vers un nouvel employeur.
Les entreprises engagées dans des processus de restructuration peuvent désormais solliciter une aide du FEM pour les travailleurs menacés de licenciement, ce qui pourrait permettre à ces derniers d’acquérir de nouvelles compétences avant même de perdre leur emploi.
La Commission a également lancé en novembre 2025 un projet pilote de « garantie des compétences », destiné à aider les travailleurs confrontés à une transition professionnelle à acquérir les compétences nécessaires dans les secteurs émergents et stratégiquement importants.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie européenne plus large de l’Union des compétences, qui vise à renforcer les compétences de la main-d’œuvre européenne et à faciliter la transition des travailleurs vers les secteurs appelés à soutenir la croissance économique et la compétitivité futures de l’Europe.
Pour les travailleurs finlandais licenciés du secteur papetier, la dernière proposition de mobilisation du FEM constitue une réponse ciblée, combinant l’accompagnement traditionnel vers l’emploi, la reconversion professionnelle, l’analyse du marché du travail et l’utilisation de technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle afin d’aider les travailleurs à évoluer dans un paysage industriel en pleine transformation. Foto-Olga1969, Wikimedia commons.