Le Monténégro franchit une étape constitutionnelle majeure sur la voie de son adhésion à l’UE en 2028

 

Le Monténégro a franchi une nouvelle étape importante vers son adhésion à l’Union européenne après que le Parlement a approuvé un ensemble de modifications constitutionnelles

visant à renforcer l’indépendance de la justice et des institutions financières.

Les amendements, qui portent sur des questions liées aux négociations d’adhésion du pays à l’UE, ont été approuvés par 68 députés sur les 81 que compte le Parlement. Aucun député ne s’est opposé au texte et aucune abstention n’a été enregistrée, selon un communiqué publié lundi par le Parlement.

Le vote a été salué par Johann Sattler, ambassadeur de l’UE au Monténégro, qui a qualifié ces changements constitutionnels d’étape importante dans les efforts déployés par le pays pour rapprocher ses institutions des normes européennes.

Selon M. Sattler, les réformes renforceront l’indépendance des institutions judiciaires et financières du Monténégro et permettront au pays de progresser vers la conclusion des négociations sur deux chapitres particulièrement importants de son processus d’adhésion.

Le chapitre 23 porte sur le système judiciaire et les droits fondamentaux, tandis que le chapitre 17 concerne la politique économique et monétaire. Les progrès réalisés dans ces deux domaines sont considérés comme essentiels à l’intégration du Monténégro dans l’UE.

Le vote intervient alors que Podgorica cherche à accélérer les négociations et à achever les réformes nécessaires à son adhésion. À ce jour, le Monténégro a provisoirement clôturé 18 des 33 chapitres de négociation, tandis que 15 restent ouverts.

Le gouvernement s’est fixé pour objectif ambitieux de clôturer tous les chapitres encore en suspens d’ici à la fin de 2026, avec l’ambition de faire du Monténégro le 28e État membre de l’UE en 2028.

Le Monténégro a déposé sa demande d’adhésion à l’Union européenne en décembre 2008 et a obtenu le statut de pays candidat deux ans plus tard. Les négociations formelles d’adhésion ont débuté en juin 2012, faisant du pays l’un des candidats des Balkans occidentaux engagés depuis le plus longtemps dans ce processus.

La dynamique autour de sa candidature s’est renforcée cette année. En mai, un groupe de travail de l’UE chargé de préparer le traité d’adhésion du Monténégro a tenu sa première réunion, marquant une nouvelle avancée vers la rédaction de l’accord qui encadrera l’entrée du pays dans l’Union.

Un mois plus tard, la Commission européenne a adopté une enveloppe financière de 3,2 milliards d’euros précisant les dispositions budgétaires qui devraient s’appliquer au Monténégro après son adhésion, dans le cadre du prochain cadre financier de l’UE pour la période 2028-2034.

Les amendements constitutionnels interviennent donc à un moment crucial pour Podgorica. Alors que le gouvernement souhaite achever les négociations en quelques mois plutôt qu’en plusieurs années, le pays est soumis à une pression croissante pour mettre en œuvre de nouvelles réformes, notamment dans les domaines de l’État de droit, de l’indépendance de la justice et de la gouvernance économique.

Les progrès du Monténégro sont également suivis de près dans un contexte où l’UE cherche à relancer son processus d’élargissement dans les Balkans occidentaux. Sa capacité à satisfaire les derniers critères d’adhésion pourrait déterminer si son objectif d’une entrée dans l’Union en 2028 constitue un calendrier réaliste ou s’il devra faire face à de nouveaux retards.