Schengen : l’UE renforce la sécurité aux frontières et accélère la numérisation

 

La Commission européenne a publié son cinquième rapport annuel sur l’état de l’espace Schengen, présentant les principales évolutions observées au cours de l’année écoulée et fixant les

priorités pour la période 2026-2027.

Selon le rapport, l’espace Schengen — considéré comme l’une des réalisations les plus importantes de l’Union européenne — a continué de faire preuve de résilience grâce à une action coordonnée aux niveaux européen et national. Le système permet à plus de 450 millions de personnes de circuler librement à travers les frontières intérieures, facilitant les voyages, le travail, les études et les échanges commerciaux, tout en maintenant une coopération renforcée en matière de sécurité des frontières extérieures.

Le rapport met en avant des progrès significatifs dans la gestion des frontières et le contrôle migratoire. Les franchissements illégaux des frontières ont diminué de 26 % en 2025 par rapport à 2024, tandis que le taux de retour des personnes ne disposant pas du droit de séjour dans l’UE a atteint 28 %, soit son niveau le plus élevé depuis dix ans.

L’un des développements majeurs a été le lancement complet du système d’entrée/sortie (EES) en avril 2026, marquant une nouvelle étape vers une gestion plus numérisée des frontières extérieures. Au cours de ses six premiers mois de fonctionnement, les États membres ont enregistré plus de 66 millions de passages aux frontières et refusé l’entrée à environ 32 000 personnes jugées non admissibles.

La Commission a également présenté en janvier 2026 la première stratégie européenne en matière de visas, destinée à renforcer les aspects sécuritaires de la politique des visas tout en soutenant l’attractivité des talents et la compétitivité économique de l’Union.

Malgré ces avancées, le rapport souligne que plusieurs défis persistent dans un contexte géopolitique complexe. Il insiste sur la nécessité de poursuivre une action collective afin de préserver un espace Schengen sûr, uni et résilient.

Pour 2026-2027, les priorités incluent le renforcement des frontières extérieures grâce au développement des systèmes numériques, notamment l’extension du système EES et le lancement d’ETIAS, la future autorisation de voyage destinée aux voyageurs exemptés de visa. La mise en œuvre du règlement sur le filtrage ainsi que les mécanismes prévus dans le Pacte sur la migration et l’asile seront également renforcés.

L’amélioration du système de retour des migrants en situation irrégulière demeure une priorité centrale. Les États Schengen sont invités à accroître leurs capacités opérationnelles et à utiliser davantage le soutien de Frontex. La Commission prévoit également de présenter en 2026 une proposition législative visant à numériser les procédures de retour et à mettre en place des systèmes numériques de gestion des dossiers afin d’alléger les charges administratives.

La coopération en matière de sécurité intérieure continuera d’être consolidée à travers un dialogue structuré sur les contrôles aux frontières intérieures. Les efforts se poursuivront également pour finaliser l’adhésion de Chypre à Schengen et garantir la pleine application des règles relatives à la sécurité intérieure en Irlande. L’Union entend aussi maintenir un engagement étroit avec les pays candidats à l’élargissement.

La Commission invite désormais le Conseil Schengen à examiner le rapport et à adopter les priorités 2026-2027 lors du Conseil Justice et affaires intérieures prévu en juin.

Ce rapport s’inscrit dans le cadre du mécanisme annuel d’évaluation instauré en 2022 afin de renforcer la gouvernance de l’espace Schengen et d’assurer une réponse coordonnée aux défis communs auxquels l’Union est confrontée. Foto-Hoebele, Wikimedia commons.