
La Commission européenne estime que les États membres ont réalisé des progrès significatifs dans la préparation du Pacte sur la migration et l’asile, tout en avertissant que des lacunes
importantes restent à combler avant son entrée en application complète en juin 2026.
Dans une nouvelle évaluation publiée aujourd’hui, l’exécutif européen indique que la plupart des pays de l’UE avancent dans la mise en œuvre des réformes prévues par ce vaste chantier, notamment le renforcement des contrôles aux frontières, l’augmentation des capacités d’accueil et la mise en place de nouveaux mécanismes de solidarité entre États membres.
Adopté en mai 2024, le Pacte constitue la réforme la plus ambitieuse de la politique migratoire et d’asile de l’Union européenne depuis plusieurs années. Il vise à instaurer un système commun combinant des contrôles frontaliers plus stricts, des procédures d’asile harmonisées et un mécanisme de solidarité destiné à mieux répartir les responsabilités entre les pays membres.
Selon la Commission, la transposition nationale des textes progresse globalement, et de nombreux États mettent en place les procédures de filtrage aux frontières ainsi que les infrastructures nécessaires. Des efforts sont également engagés pour renforcer les systèmes permettant de transférer les demandeurs d’asile vers l’État membre responsable, conformément aux nouvelles règles.
Au niveau européen, la mise en place du premier « pool annuel de solidarité » a été présentée comme une étape clé dans la concrétisation du dispositif.
Cependant, Bruxelles souligne que plusieurs éléments essentiels restent en suspens. Parmi les priorités figurent le déploiement du système Eurodac modernisé, la construction des infrastructures de contrôle aux frontières et de filtrage, ainsi que la mise en œuvre de mesures visant à limiter les mouvements secondaires des migrants au sein de l’UE.
La Commission insiste également sur la nécessité de renforcer les garanties juridiques, notamment les mécanismes de surveillance du respect des droits fondamentaux.
Le Pacte doit entrer en application le 12 juin 2026, à l’issue d’une période transitoire de deux ans. Mais la Commission rappelle que sa mise en œuvre se poursuivra bien au-delà de cette échéance.
Pour accompagner les États membres, l’exécutif européen a mobilisé 3 milliards d’euros et travaille en coopération avec plusieurs agences européennes, dont Frontex, Europol, l’Agence de l’Union européenne pour l’asile et eu-LISA.
Cette mise à jour intervient dans un contexte où l’UE poursuit le renforcement de sa politique migratoire. La Commission rappelle notamment que les franchissements irréguliers des frontières extérieures ont diminué de 26 % en 2025 par rapport à 2024.
Il s’agit du troisième rapport de suivi publié par la Commission depuis l’adoption du Pacte en 2024.