Bardella met en garde contre un « effet domino migratoire » après le plan d’amnistie espagnol

 

Lors d’un rassemblement des dirigeants de la droite radicale européenne à Porto, Jordan Bardella a vivement critiqué la politique migratoire de l’Espagne, estimant que Madrid risque de

transformer le pays en porte d’entrée pour l’immigration irrégulière en Europe.

S’exprimant lors d’un événement organisé par Patriots for Europe, Bardella — président du Rassemblement national et figure montante de la droite radicale européenne — a détaillé les mesures que son parti mettrait en œuvre s’il arrivait au pouvoir. Il a notamment affirmé que la France rétablirait les contrôles aux frontières et chercherait à limiter la libre circulation dans l’Union européenne aux seuls citoyens des États membres.

Ses critiques visaient directement le gouvernement espagnol dirigé par le Premier ministre Pedro Sánchez. Bardella accuse Madrid de fragiliser l’équilibre migratoire européen avec son nouveau programme de régularisation accélérée des migrants en situation irrégulière.

« L’Espagne est en train de devenir le point d’entrée d’une subversion migratoire en Europe », a-t-il déclaré, mettant en garde contre les répercussions transfrontalières de décisions nationales.

Le gouvernement espagnol a récemment lancé un plan permettant d’accorder un titre de séjour aux migrants sans papiers pouvant prouver leur entrée sur le territoire avant fin 2025 et une résidence continue d’au moins cinq mois. Les autorités estiment que cette mesure pourrait concerner jusqu’à 500 000 travailleurs, la présentant comme un levier de croissance économique et d’intégration sociale.

Pedro Sánchez a fermement rejeté ces critiques, qu’elles proviennent de l’opposition nationale ou de figures de la droite radicale européenne. Il défend une politique visant à reconnaître les droits de personnes déjà présentes et actives dans le pays, rappelant que des dispositifs similaires avaient été mis en place par d’anciens gouvernements conservateurs.

L’intervention de Bardella s’inscrit dans une stratégie plus large de coordination des discours sur l’immigration au sein de la droite radicale européenne, à l’approche d’importantes échéances politiques. À seulement 30 ans, il s’impose comme une figure clé du renouvellement du Rassemblement national, dans la continuité de Marine Le Pen, avec une image plus lisse mais une ligne politique toujours ferme : souveraineté nationale, contrôle strict de l’immigration et opposition aux flux migratoires non maîtrisés.

Ce désaccord autour de la politique espagnole illustre les divisions croissantes au sein de l’Union européenne entre, d’un côté, les gouvernements favorables à des mesures d’intégration pragmatiques et, de l’autre, les forces politiques qui prônent un durcissement des frontières et un contrôle national accru des politiques migratoires. Foto-European Parliament, Wikimedia commons.