Les tensions se sont intensifiées lors d’un sommet de l’Union européenne à Bruxelles, où Viktor Orbán a maintenu son opposition à un plan d’aide financière de 90 milliards d’euros destiné à
l’Ukraine, malgré les pressions croissantes des dirigeants européens.
Selon des sources diplomatiques, le Premier ministre hongrois a refusé de céder après des discussions de haut niveau, suscitant de vives critiques au sein du bloc. Bart De Wever a qualifié cette position d’« inacceptable », tandis que le Premier ministre finlandais Petteri Orpo l’a décrite comme une « trahison ».
Orbán conditionne son soutien à la reprise des livraisons de pétrole russe vers la Hongrie via le Druzhba pipeline, qui traverse le territoire ukrainien. Kyiv affirme que l’infrastructure a été endommagée par la Russie, tandis que la Hongrie et la Slovaquie accusent l’Ukraine de retarder les réparations.
Le président du Conseil européen, António Costa, a rejeté ce lien, soulignant que l’aide financière et les questions énergétiques sont distinctes. Il a estimé que la position de la Hongrie allait à l’encontre des principes de coopération et de bonne foi de l’Union européenne, ajoutant que des efforts sont en cours avec l’Ukraine pour rétablir le pipeline.
Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a également exprimé des réserves, évoquant l’impact économique des perturbations d’approvisionnement. Malgré cela, 25 des 27 dirigeants de l’UE ont soutenu les conclusions du sommet sur l’Ukraine, isolant ainsi la Hongrie et la Slovaquie.
Zelensky appelle à agir rapidement
S’exprimant par visioconférence, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a insisté sur l’urgence du plan d’aide, le qualifiant de « garantie de sécurité financière la plus importante » pour son pays.
Zelensky a également mis en avant les besoins militaires, notamment en systèmes de défense aérienne, appelant les partenaires à fournir davantage de missiles Patriot. Il a reconnu des divergences au sein de l’UE quant à l’utilisation d’une partie du prêt pour ces achats, mais a souligné leur nécessité face aux menaces balistiques russes.
La European Commission espérait initialement débloquer une première tranche du prêt début avril. Toutefois, les blocages actuels pourraient retarder ce calendrier, même si un soutien temporaire du International Monetary Fund devrait stabiliser la situation financière de l’Ukraine jusqu’à la mi-mai.
Enjeux politiques en toile de fond
Certains responsables européens estiment que la position d’Orbán pourrait être liée aux élections législatives prévues en Hongrie en avril. De son côté, Zelensky a profité de l’occasion pour réclamer davantage de clarté sur le calendrier d’adhésion de l’Ukraine à l’UE, avertissant que la Russie ne devait en aucun cas entraver ce processus.
Si l’Union européenne continue de défendre une adhésion fondée sur le mérite, la Hongrie bloque régulièrement des étapes clés, notamment l’ouverture de négociations formelles avec Kyiv. Foto-European People's Party, Wikimedia commons.