
La Roumanie n’accueillera pas d’armes nucléaires ni de composants liés à celles-ci sur son territoire dans un avenir prévisible, a déclaré jeudi le président centriste Nicusor Dan, en réaction à la
proposition d’Emmanuel Macron de renforcer la dissuasion nucléaire européenne par une coopération accrue avec les pays alliés.
Plus tôt cette semaine, Macron a annoncé que France prévoyait d’élargir sa capacité de dissuasion nucléaire et se disait prêt à permettre à certains partenaires européens d’accueillir des avions de guerre français capables de mener des missions de dissuasion nucléaire dans le cadre de la sécurité collective.
S’exprimant devant la presse après une visite officielle à Warsaw, Nicușor Dan a rappelé que la Roumanie reste protégée par le parapluie nucléaire de l’NATO, assuré par les United States. Il a toutefois souligné que cette protection ne nécessite pas la présence d’armes nucléaires sur le territoire roumain.
«Être protégé par le parapluie nucléaire de l’OTAN n’implique pas la présence d’éléments nucléaires en Roumanie », a-t-il déclaré. « À moyen terme, l’accueil de composants nucléaires est exclu.»
L’initiative de Macron intervient alors que plusieurs pays européens examinent la possibilité de renforcer leur coopération en matière de dissuasion nucléaire. La France et l’Germany ont déjà créé un groupe de pilotage commun pour discuter de ces questions et prévoient de lancer une coopération concrète dès cette année.
Selon Macron, plusieurs pays — dont la Greece, la Poland, les Netherlands, la Belgium, le Denmark et la Sweden — pourraient participer à des exercices de simulation nucléaire organisés par la France. La Romania a également confirmé cette semaine avoir été invitée à participer aux discussions.
Bien que la France et le United Kingdom soient les deux seules puissances nucléaires d’Europe, la plupart des pays européens s’appuient depuis des décennies principalement sur la dissuasion nucléaire des États-Unis, pilier historique de la sécurité transatlantique.
La proposition de Macron intervient aussi dans un contexte de débat croissant sur la capacité de l’Europe à assurer sa propre défense. L’Trump administration a à plusieurs reprises critiqué les alliés européens pour ce qu’elle considère comme des dépenses militaires insuffisantes et une préparation limitée à défendre le continent de manière autonome.
Ces discussions se déroulent également dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, notamment après les frappes menées par les United States et Israel contre l’Iran, qui ont ravivé les inquiétudes concernant la sécurité mondiale et la stabilité des mécanismes de dissuasion existants.
Alors que l’Europe réfléchit à de nouvelles structures de défense, les autorités roumaines semblent déterminées à maintenir leur cadre de sécurité actuel au sein de l’OTAN tout en évitant le déploiement d’armes nucléaires sur leur territoire. Foto-George Groutas, Wikimedia commons.