
La Belgique participera à une nouvelle initiative française de dissuasion nucléaire, a confirmé le Premier ministre Bart De Wever, marquant une étape importante vers un
renforcement de la coopération européenne en matière de défense sous le parapluie nucléaire français.
Cette décision fait suite à une annonce du président français Emmanuel Macron, qui a indiqué que France prévoyait de renforcer sa posture nucléaire face à ce qu’il a décrit comme l’affaiblissement quasi total de l’architecture internationale de contrôle des armements. S’il a confirmé une augmentation du nombre d’ogives, Emmanuel Macron a refusé de fixer un objectif chiffré et a annoncé que Paris ne communiquerait désormais plus publiquement sur la taille exacte de son arsenal nucléaire.
«Nous vivons aujourd’hui sur une ligne de fracture géopolitique pleine de risques », a déclaré le président français, estimant que le contexte international actuel justifie un modèle de défense plus robuste et plus exigeant.
La Belgique s’engage dans une « dissuasion avancée »
Bart De Wever a salué l’initiative française, la qualifiant de « pas important vers une politique européenne de défense plus forte ». Il a confirmé que Belgique était prête à « travailler étroitement avec la France sur une dissuasion crédible et renforcée », un message qu’il a également relayé sur les réseaux sociaux.
Cette coopération s’inscrit dans le cadre de ce que le président Macron appelle une « dissuasion avancée », visant à associer plus étroitement plusieurs partenaires européens à la stratégie nucléaire française, sans pour autant partager le pouvoir de décision. Huit pays ont déjà accepté de participer à l’initiative : la Belgique, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, la Grèce, la Suède et le Danemark.
À terme, des unités de la force aérienne stratégique française pourraient être stationnées sur le territoire de ces pays partenaires. En dispersant ses forces à travers le continent européen, Paris entend compliquer les calculs stratégiques de ses adversaires potentiels et renforcer la crédibilité de sa dissuasion. Cette coopération pourrait également se traduire par des exercices conjoints et des opérations de « signalisation », au cours desquelles la France démontrerait ses capacités nucléaires en dehors de son propre territoire.
Aucun partage du contrôle nucléaire
Les autorités belges soulignent que cette collaboration est de nature ad hoc et ne nécessite pas d’investissements concrets à ce stade. Le projet a été examiné et validé par l’ensemble du gouvernement belge la semaine dernière.
Pour la Belgique, ce partenariat offre un accès à un savoir-faire supplémentaire ainsi qu’une protection renforcée sous le parapluie nucléaire français. Selon le gouvernement, la dimension plus large et régionalement répartie de la coopération rend également cette dissuasion plus crédible.
Emmanuel Macron a toutefois posé une limite claire à cette ouverture européenne : la décision finale concernant l’usage de l’arme nucléaire restera « inconditionnellement et exclusivement » entre les mains de la France. « Il n’y aura en aucun cas de décision partagée », a-t-il insisté.
Cette initiative illustre les préoccupations croissantes en Europe en matière de sécurité et de dissuasion, dans un contexte de tensions internationales accrues, alors que les pays de l’Union européenne cherchent à renforcer leur défense collective tout en respectant la souveraineté nationale. Foto-© European Union, 1998 – 2026, Wikimedia commons.