
La cour d’appel de Paris a fixé au 7 juillet la date de son verdict dans l’affaire de fraude visant Marine Le Pen, une décision à fort enjeu qui pourrait redessiner le
paysage politique français à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
La figure historique du Rassemblement national (RN) conteste une condamnation prononcée en première instance l’an dernier, qui l’a reconnue coupable de détournement de fonds du Parlement européen dans une affaire d’emplois fictifs. Cette décision avait entraîné une interdiction de cinq ans d’exercer toute fonction publique, une sanction qui, si elle est confirmée en appel, l’empêcherait de se présenter à la présidentielle.
L’annonce a été faite mercredi à l’issue de l’audience, le président de la cour précisant que le jugement serait rendu en début d’après-midi le 7 juillet. À la sortie du tribunal, Marine Le Pen a déclaré aux journalistes accueillir favorablement ce calendrier. « Le plus tôt sera le mieux », a-t-elle affirmé.
Ce dossier est perçu comme un tournant majeur, tant pour la carrière de Marine Le Pen que pour l’avenir de la mouvance nationaliste en France. Candidate à trois reprises à l’élection présidentielle, elle s’est qualifiée pour le second tour en 2017 et 2022, s’inclinant à chaque fois face au président Emmanuel Macron, qui ne peut briguer un troisième mandat consécutif.
Marine Le Pen a indiqué qu’elle déciderait d’une éventuelle candidature à l’issue du verdict en appel. Elle a également évoqué la possibilité de soutenir Jordan Bardella, président du Rassemblement national âgé de 30 ans, comme candidat de remplacement. Un sondage publié en novembre estimait que, s’il se présentait, Bardella pourrait l’emporter au second tour de l’élection de 2027, quel que soit son adversaire.
Les procureurs ont requis le maintien d’une interdiction de cinq ans d’exercer une fonction publique, ainsi qu’une peine de quatre ans de prison, dont trois avec sursis. Lors du premier procès, Marine Le Pen avait été condamnée à quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis.
À l’heure où la France se prépare à l’après-Macron, le verdict attendu le 7 juillet pourrait ainsi dépasser le cadre judiciaire et peser lourdement sur la course à la magistrature suprême. Foto-Rémi Noyon, Wikimedia commons.