
L’ancien président français Nicolas Sarkozy doit comparaître devant un tribunal parisien le 16 mars pour le début de son procès en appel concernant des accusations de financement illégal de
campagne par la Libye, a annoncé jeudi le tribunal.
Sarkozy, qui a dirigé la France de 2007 à 2012, avait été condamné en septembre par une juridiction de première instance pour avoir sollicité des fonds auprès du régime de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi pour soutenir sa campagne présidentielle de 2007. Il avait été condamné à cinq ans de prison, mais a été libéré après avoir purgé seulement 20 jours, suite à une décision judiciaire.
Le septuagénaire a immédiatement fait appel de la décision. Le tribunal de première instance avait initialement ordonné son incarcération, invoquant la « gravité exceptionnelle » de la condamnation. Avec l’appel, Sarkozy est de nouveau présumé innocent pendant le déroulement de la procédure, le procès devant durer jusqu’au 3 juin, selon la cour d’appel de Paris.
Sarkozy est entré à la prison de La Santé le 21 octobre, devenant ainsi le premier ancien chef d’État d’un pays membre de l’Union européenne à être incarcéré. Les procureurs affirment que ses collaborateurs, agissant en son nom, ont conclu un accord avec Kadhafi en 2005 pour obtenir un financement illégal de sa campagne. En échange, Kadhafi aurait espéré le soutien de Sarkozy pour réhabiliter l’image internationale de la Libye après son implication présumée dans l’attentat de Lockerbie en 1988 et l’attaque aérienne de 1989 au Niger.
Si le tribunal a reconnu Sarkozy coupable de complicité criminelle dans le cadre de ce plan, il n’a pas établi qu’il ait directement reçu ou utilisé les fonds pour sa campagne.
Cette affaire s’ajoute à une série de démêlés judiciaires pour Sarkozy, qui a déjà été condamné dans plusieurs autres affaires depuis sa sortie de l’Élysée en 2012.