Les Parisiens appelés à voter sur la piétonnisation de 500 rues supplémentaires

 

Les Parisiens se rendront aux urnes dimanche pour décider si 500 rues supplémentaires à travers la capitale doivent être transformées en zones piétonnes et en espaces verts.

Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de l’administration municipale de gauche de réduire l’usage de la voiture et d’améliorer la qualité de l’air.

Il s’agit du troisième référendum à l’échelle de la ville ces dernières années. En 2023, les Parisiens ont voté l’interdiction des trottinettes électriques, après avoir approuvé une forte augmentation des tarifs de stationnement pour les SUV.

«Depuis 25 ans, nous reprenons progressivement l’espace public pour les piétons et les mobilités douces, en créant des ‘rues jardin’ comme bouffées d’air dans nos quartiers », a déclaré le maire adjoint Patrick Bloche dans une interview accordée à Reuters.

Depuis que le Parti socialiste a pris la mairie au début des années 2000, la circulation automobile à Paris a diminué de plus de moitié. Sous le mandat de la maire Anne Hidalgo, élue en 2014, la ville a connu de profonds changements. Entre 2020 et 2023, Paris a ajouté 84 km de pistes cyclables, et l’usage du vélo a augmenté de 71 % après les confinements liés au COVID-19.

Si elle est approuvée, cette nouvelle mesure entraînera la suppression de 10 000 places de stationnement supplémentaires—en plus des 10 000 déjà supprimées depuis 2020. Les deux millions d’habitants de Paris pourront alors choisir les rues à transformer en zones piétonnes.

Un retard en matière d’espaces verts

Malgré ces efforts, Paris reste en retard par rapport aux autres capitales européennes en ce qui concerne les infrastructures vertes. Seuls 26 % de la ville sont couverts d’espaces verts—tels que parcs, rues arborées, jardins et zones humides—contre une moyenne européenne de 41 %, selon l’Agence européenne pour l’environnement.

Les opposants à ces transformations estiment qu’elles compliquent la vie des 10 millions d’habitants de la banlieue parisienne, où les options de transport en commun sont plus limitées. Ces habitants dépendent souvent de la voiture pour se rendre en ville et y faire leurs courses.

« Paris n’est pas qu’un musée—c’est un lieu de travail, un lieu où les habitants de la grande couronne doivent pouvoir se déplacer, où les commerces ont besoin de clients », a déclaré Philippe Nozière, président du groupe d’automobilistes "40 Millions d’Automobilistes".

Cette fracture est visible dans les chiffres : seuls un ménage sur trois dans Paris intra-muros possède une voiture, contre deux sur trois en banlieue. À l’échelle nationale, en dehors de Paris et de sa région métropolitaine, le taux de motorisation atteint environ 85 %.

Si la proposition est adoptée, le nombre total de rues piétonnisées et végétalisées à Paris atteindra près de 700—soit un peu plus de 10 % du total des rues de la ville. Foto-Clément Gruin, Wikimedia commons.