La France ne fait pas face à une crise économique, mais la détérioration de sa situation budgétaire exige des mesures urgentes pour ramener le déficit public sous contrôle, a déclaré
vendredi Emmanuel Moulin, le gouverneur de la banque centrale française.
Ses propos interviennent après que l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) a nettement revu à la baisse ses prévisions pour la deuxième économie de la zone euro. L’institut ne prévoit désormais qu’une croissance de 0,4 % du PIB français en 2026, contre 0,7 % dans sa précédente estimation.
Cette dégradation accentue la pression sur le gouvernement, qui doit revoir ses propres prévisions de croissance et présenter son projet de budget pour 2027 au Parlement à la fin du mois.
« Je ne dirais pas que l’économie est en danger, mais elle se trouve dans une situation préoccupante et insatisfaisante », a déclaré Emmanuel Moulin à la radio RTL.
Il a souligné que le rétablissement de l’équilibre des finances publiques devait rester une priorité pour les responsables politiques, estimant que la France ne pouvait pas laisser son déficit budgétaire déjà élevé se creuser sans prendre de mesures correctives.
Le responsable de la banque centrale a toutefois rejeté l’idée que l’économie française soit fondamentalement fragilisée. Il a notamment mis en avant plusieurs atouts structurels du pays, parmi lesquels des coûts énergétiques relativement faibles et une base industrielle diversifiée, susceptibles de soutenir la croissance à long terme.
La France commence également à enregistrer une reprise des investissements dans plusieurs secteurs considérés comme stratégiques, notamment les centres de données, la défense et l’aéronautique, a-t-il ajouté.
La dégradation des prévisions de l’INSEE s’explique par la combinaison de facteurs temporaires et structurels. L’institut a notamment pris en compte les conséquences d’une importante vague de chaleur ainsi que les difficultés rencontrées par Airbus, qui pèsent sur l’activité économique.
La nouvelle prévision marque un net ralentissement par rapport à l’année dernière. L’économie française avait progressé de 0,9 % en 2025, mais la dynamique s’est considérablement affaiblie alors que les entreprises et les ménages restent confrontés à une forte incertitude et que le gouvernement subit une pression croissante pour assainir les finances publiques.
La prévision officielle du gouvernement pour la croissance française en 2026 est actuellement de 0,7 %, mais les autorités devraient la revoir à la baisse à la lumière des dernières données économiques.
Cette révision intervient dans un contexte politiquement sensible. Les autorités doivent trouver un équilibre entre la nécessité de réduire les dépenses publiques et le risque qu’une politique de rigueur trop brutale ne pèse davantage sur une croissance déjà fragile.
Le gouvernement doit présenter son projet de budget pour 2027 au Parlement à la fin du mois de septembre, plaçant le déficit et la dette publics au cœur du débat politique.
Pour Emmanuel Moulin, le défi ne consiste donc pas seulement à soutenir la croissance, mais aussi à rétablir la crédibilité des finances publiques tout en préservant les secteurs industriels qui constituent les principaux atouts de l’économie française.
Son analyse dessine ainsi un tableau prudemment optimiste : la France est confrontée à de sérieux défis budgétaires et économiques, mais la diversification de son économie et l’émergence de nouveaux pôles d’investissement montrent que la situation reste maîtrisable si les pouvoirs publics sont prêts à s’attaquer au déficit. Foto- © European Union, 2026, Wikimedia commons.