
La récolte française de pommes de terre devrait connaître l’un de ses plus forts reculs depuis plusieurs décennies après un été exceptionnellement chaud et sec qui a durement affecté les
cultures, selon l’organisation des producteurs UNPT.
La production française de pommes de terre destinées à l’alimentation humaine devrait être inférieure d’environ 23 % à celle de l’an dernier, soit une baisse d’environ 2 millions de tonnes. Cette prévision illustre l’impact croissant des phénomènes météorologiques extrêmes sur l’agriculture européenne, les pommes de terre figurant parmi les cultures estivales les plus durement touchées par les fortes chaleurs et le manque de précipitations.
Selon l’UNPT, le rendement moyen des pommes de terre alimentaires devrait diminuer d’environ 14 % par rapport à 2025, pour atteindre près de 37,4 tonnes par hectare. Si cette estimation se confirme, 2026 serait la deuxième année la plus mauvaise en matière de rendement au cours des 30 dernières années, derrière 2022, qui avait elle aussi été marquée par des conditions météorologiques estivales particulièrement difficiles.
Cette baisse des rendements intervient alors que les superficies consacrées à la culture de la pomme de terre ont déjà diminué. Les producteurs français ont réduit les plantations d’environ 10 % cette année, après une période de forte abondance de l’offre européenne et de conditions de marché moins favorables la saison précédente.
La combinaison de la diminution des surfaces cultivées et de la baisse des rendements devrait donc entraîner une contraction importante de la production nationale.
Les producteurs alertent également sur le fait que les conséquences des conditions météorologiques extrêmes ne se limitent pas aux volumes récoltés. Les températures élevées et la sécheresse pourraient réduire le calibre des pommes de terre et affecter leur qualité, créant de nouvelles difficultés pour les agriculteurs comme pour les industriels de la transformation.
L’UNPT appelle notamment les entreprises de transformation, y compris les fabricants de frites surgelées, à faire preuve de davantage de souplesse concernant les critères prévus dans les contrats conclus avec les producteurs, compte tenu de conditions climatiques exceptionnelles qui échappent au contrôle des agriculteurs.
La France fait partie de la principale zone européenne de production de pommes de terre, qui s’étend sur le nord-ouest du continent et comprend également la Belgique, le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Pays-Bas. Ces pays ont eux aussi été confrontés à des épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs cet été, faisant craindre une détérioration plus large de l’offre régionale.
Le service de suivi des cultures de l’Union européenne prévoit également une baisse de la productivité des pommes de terre dans l’ensemble du bloc en 2026. Le rendement moyen devrait atteindre environ 34,6 tonnes par hectare, soit 6 % de moins que la moyenne des cinq dernières années.
Ces prévisions mettent en évidence la vulnérabilité croissante de la production alimentaire européenne face aux phénomènes météorologiques extrêmes. Pour les producteurs de pommes de terre, la combinaison de la chaleur, de la sécheresse, de la réduction des surfaces cultivées et de la baisse des rendements pourrait accentuer les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et les prix.
La campagne 2026 apparaît ainsi comme un nouvel avertissement pour l’agriculture européenne, confrontée à des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles qui viennent s’ajouter aux difficultés économiques déjà rencontrées par les agriculteurs. Foto-Spedona, Wikimedia commons.