La France mise sur l’IA nationale et écarte OpenAI des marchés publics

 

PARIS — La France entend placer l’intelligence artificielle française au cœur de l’action gouvernementale. Le ministre du Budget, David Amiel, a annoncé mardi que les administrations

publiques privilégieraient des fournisseurs français d’IA « souveraine », comme Mistral.

David Amiel a précisé que cette politique exclurait OpenAI, illustrant la volonté de Paris de renforcer son contrôle sur les données sensibles de l’État et sur ses infrastructures numériques.

Cette annonce intervient alors que la France accélère le recours à l’intelligence artificielle après une cyberattaque visant l’administration fiscale. Plus tôt mardi, le ministre avait indiqué que les services de l’État utiliseraient des outils d’IA afin de tester leurs systèmes, d’identifier leurs vulnérabilités et de repérer les failles susceptibles d’être exploitées par des cybercriminels.

Cette décision intervient quelques jours après la révélation d’une cyberattaque contre l’administration fiscale française, au cours de laquelle les données d’environ 700 000 contribuables ont été dérobées, selon le ministère de l’Économie et des Finances.

L’attaque a renforcé les inquiétudes concernant la sécurité des infrastructures numériques de l’État et accentué la pression en faveur d’un renforcement des capacités françaises de cybersécurité.

Amélie Verdier, directrice générale de la Direction générale des finances publiques, a par ailleurs annoncé lundi que ses services avaient détecté une nouvelle violation de données. Les autorités étaient encore en train d’évaluer l’ampleur et les conséquences de cette seconde attaque.

Pour Paris, le développement de l’IA ne relève donc plus seulement de la modernisation des services publics ou de la recherche d’efficacité. Il est également devenu un enjeu de souveraineté technologique.

En privilégiant des entreprises comme Mistral, le gouvernement français entend développer ses capacités en matière d’intelligence artificielle tout en conservant davantage de contrôle sur les technologies et les données utilisées par les institutions publiques.

Cette stratégie s’inscrit également dans l’ambition plus large de la France de promouvoir une alternative européenne aux grandes plateformes américaines d’intelligence artificielle, alors que les gouvernements européens cherchent de plus en plus à réduire leur dépendance à l’égard des entreprises technologiques étrangères.

À mesure que les cyberattaques contre les institutions publiques exposent des volumes croissants de données sensibles, la France doit désormais relever un double défi : accélérer l’utilisation de l’intelligence artificielle tout en garantissant que les systèmes numériques de l’État restent sécurisés et placés sous un contrôle national accru. Foto-HaeB, Wikimedia commons.