L’inflation en France a accéléré plus fortement que prévu en février, selon des données préliminaires publiées vendredi par INSEE. Ce regain marque un retournement après le ralentissement de
la hausse des prix à un plus bas de plus de cinq ans observé en janvier.
Le taux d’inflation harmonisé de la France — calculé pour permettre des comparaisons avec les autres pays de la zone euro — s’est établi à 1,1 % sur un an en février, nettement au-dessus des attentes du marché. Les économistes interrogés par Reuters tablaient sur un taux médian de 0,7 %, avec des prévisions allant de 0,6 % à 1,2 %.
Cette accélération intervient alors que l’inflation harmonisée de la zone euro avait ralenti à 0,4 % en janvier, son niveau le plus bas depuis décembre 2020, illustrant une désinflation inégale entre les États membres.
Selon l’INSEE, la hausse de février s’explique en partie par des prix de l’énergie qui ont moins reculé qu’anticipé. Bien que la France ait mis en place en février 2025 une baisse moyenne de 15 % des tarifs réglementés de l’électricité pour les petits consommateurs, l’impact global sur les factures énergétiques s’est révélé plus limité que prévu.
La dynamique des prix a également été influencée par un ralentissement de la baisse des prix des produits manufacturés, ainsi que par une accélération des hausses dans l’alimentation, les services et le tabac, selon les données provisoires.
Ces chiffres suggèrent que les pressions inflationnistes en France restent plus résistantes qu’attendu, compliquant les perspectives pour les décideurs qui évaluent la solidité et la durée du mouvement de modération des prix au sein de la zone euro. Foto-besopha, Wikimedia commons.