Les prix à la consommation en France ont augmenté plus que prévu en juin, reflétant une tendance plus large dans la zone euro à une inflation progressivement en hausse, tirée par
l’augmentation des prix des services et un recul plus modéré des prix de l’énergie.
Selon les données officielles publiées vendredi par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), le taux d’inflation harmonisé de la France — ajusté pour s’aligner avec les autres pays de la zone euro — a été révisé à 0,9 % en glissement annuel en juin, contre une première estimation de 0,8 %. Ce chiffre marque une hausse par rapport aux 0,6 % enregistrés en mai.
Un sondage réalisé par Reuters auprès de 15 analystes prévoyait un taux d’inflation harmonisé de 0,8 %, avec des prévisions oscillant entre 0,8 % et 0,9 %.
Cette révision s’explique principalement par une progression plus rapide des prix des services, qui ont augmenté de 2,4 % sur un an en juin, contre 2,1 % le mois précédent. L’INSEE a notamment cité la hausse des prix de l’hébergement, des transports et des services de santé parmi les principaux facteurs de cette augmentation.
Dans le même temps, les prix de l’énergie ont reculé de 6,7 % par rapport à juin 2024, soit une baisse légèrement moins marquée qu’en mai, où le recul avait atteint 8,0 %.
L’inflation sous-jacente, qui exclut les éléments volatils comme l’alimentation et l’énergie, est passée de 1,1 % à 1,2 %, tandis que l’inflation alimentaire a également légèrement progressé, atteignant 1,4 % contre 1,3 %.
L’indice des prix à la consommation national a, lui, augmenté de 1,0 % sur un an.
Cette légère hausse place la France dans la tendance générale de la zone euro, où l’inflation a atteint en juin l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne (BCE). Malgré cette progression, la France continue d’afficher l’un des taux d’inflation les plus faibles parmi les 20 pays utilisant l’euro.
La BCE a abaissé ses taux directeurs en juin après un bref passage de l’inflation sous l’objectif, mais la présidente Christine Lagarde a laissé entendre que la banque pourrait marquer une pause avant d’envisager de nouvelles baisses. Néanmoins, la pression haussière persistante sur les prix des services dans l’ensemble de la zone euro suscite des inquiétudes quant à la possibilité que l’inflation intérieure reste durablement au-dessus des niveaux cibles. Foto-Avij, Wikimedia commons.