La France a annoncé lundi 71 projets d’investissements étrangers représentant un total de 93 milliards d’euros (108,3 milliards de dollars) lors de son sommet annuel Choose France, ces
initiatives devant générer plus de 15 600 emplois dans le pays.
Les projets liés à l’intelligence artificielle et aux centres de données dominent largement les annonces de cette année, reflétant l’ambition du président Emmanuel Macron de faire de la France un hub européen majeur pour les infrastructures d’IA. Le réseau électrique à faible intensité carbone du pays constitue un atout clé pour attirer les investisseurs dans des infrastructures numériques énergivores.
L’IA et les centres de données en moteur des investissements
Le groupe japonais SoftBank prévoit de développer et d’exploiter 5 gigawatts (GW) de capacité de centres de données dédiés à l’IA en France. Le projet inclut un investissement initial de 45 milliards d’euros pour 3,1 GW dans la région des Hauts-de-France d’ici 2031. Il devrait créer environ 8 600 emplois dans la construction et 900 emplois permanents.
Le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield a relevé ses investissements prévus dans les infrastructures d’IA en France à 30 milliards d’euros, contre 20 milliards annoncés plus tôt en 2025. Le programme comprend un site à E-Valley près de Cambrai ainsi qu’un nouveau centre à Escaudain.
La société néerlandaise Nebius prévoit de transformer un ancien site Bridgestone en grand centre de calcul européen, avec un investissement de plus de 8 milliards d’euros et une capacité cible de 240 mégawatts.
La société d’investissement d’Abou Dhabi MGX et la banque publique française Bpifrance ont annoncé la sélection prochaine d’un second site d’IA, représentant environ 7,5 milliards d’euros d’investissement et 700 emplois permanents une fois opérationnel.
Le spécialiste des infrastructures numériques Verne et le fonds Ardian prévoient de développer un campus de centres de données dans la région parisienne, avec jusqu’à 5 milliards d’euros d’investissement et une capacité de 500 MW.
Le groupe émirati Phoenix Group, en partenariat avec DC Max, prévoit un premier campus de 18 MW près de Lyon, dans le cadre d’un plan plus large pouvant atteindre 500 MW et jusqu’à 4 milliards d’euros d’investissements en France.
Le groupe américain Salesforce a annoncé un investissement supplémentaire de 2 milliards d’euros en France, incluant l’ouverture de son premier centre d’innovation IA dans l’Union européenne à Paris.
Énergies renouvelables et industrie : des investissements majeurs
Au-delà du numérique, plusieurs investissements importants concernent l’énergie, l’industrie et la décarbonation.
Le groupe portugais EDP prévoit 1,3 milliard d’euros d’investissements d’ici 2030 dans l’éolien terrestre et offshore, le solaire, le stockage d’énergie et les infrastructures de réseau.
L’entreprise allemande Enertrag a annoncé un programme de 1,1 milliard d’euros pour développer des capacités dans les énergies renouvelables et le stockage par batteries.
Le groupe sidérurgique italien Marcegaglia investira 600 millions d’euros supplémentaires dans son projet Mistral à Fos-sur-Mer, portant l’investissement total à environ 1,2 milliard d’euros.
Le fabricant d’emballages Smurfit Westrock prévoit près de 600 millions d’euros d’investissements dans ses sites français sur trois à cinq ans afin de moderniser ses installations et réduire ses émissions de carbone.
Santé, logistique et distribution en expansion
Dans la santé, le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim a annoncé un programme de 500 millions d’euros d’ici 2030 dans la santé animale.
Le groupe immobilier belge VGP investira plus de 1,5 milliard d’euros dans des parcs d’activités et des infrastructures logistiques en France.
Amazon a annoncé l’ouverture de trois nouveaux sites logistiques et d’un centre de distribution, avec un investissement de 400 millions d’euros et la création de plus de 3 000 emplois permanents.
Le groupe de livraison InPost, propriétaire de Mondial Relay, prévoit au moins 500 millions d’euros d’investissements supplémentaires en France d’ici 2030 et la création d’au moins 750 emplois.
L’e-sport stimule le secteur du divertissement
Le secteur du divertissement est également concerné. La fondation saoudienne Esport Foundation investira environ 250 millions d’euros pour organiser la Coupe du monde d’e-sport à Paris cet été. Les autorités estiment que l’événement pourrait générer environ 600 millions d’euros d’impact économique indirect.
Ces engagements confirment l’attractivité croissante de la France pour les capitaux internationaux, avec l’IA, l’énergie propre et la transformation industrielle comme principaux moteurs des investissements étrangers. Foto-Ra'ike (Wikipedia), Wikimedia commons.