Des satellites européens lancés pour renforcer la surveillance du climat et de l’environnement

 

Deux satellites européens d’observation de la Terre ont été lancés avec succès depuis le centre spatial de l’Agence spatiale européenne (ESA) à Kourou, en Guyane française. Cette mission

ouvre une nouvelle étape dans la surveillance du changement climatique, des écosystèmes et des ressources naturelles de la planète.

Les deux satellites, FLuorescence Explorer (FLEX) et Sentinel-3C, ont été mis en orbite lundi soir à l’aide d’une fusée Vega-C. Leurs observations combinées devraient permettre aux scientifiques de mieux comprendre comment la végétation, les océans et les surfaces terrestres réagissent aux transformations environnementales.

FLEX est principalement consacré à l’étude de l’état et du fonctionnement de la végétation. Ses instruments détecteront une faible lumière émise par les plantes au cours de la photosynthèse, appelée fluorescence induite par le rayonnement solaire. En mesurant ce signal sur de vastes territoires, les chercheurs pourront évaluer l’efficacité avec laquelle les plantes transforment la lumière du soleil et le dioxyde de carbone en énergie, tout en détectant les signes de stress végétal.

Ces données pourraient être particulièrement utiles lors des périodes de chaleur extrême. Les vagues de chaleur, les sécheresses et d’autres phénomènes liés au changement climatique peuvent fortement affecter les forêts, les cultures et les écosystèmes naturels. Leur impact reste toutefois difficile à évaluer de manière homogène sur de vastes régions. Les observations de FLEX devraient permettre aux chercheurs de suivre ces évolutions depuis l’espace et de mieux comprendre le rôle de la végétation dans le cycle mondial du carbone.

Le deuxième satellite, Sentinel-3C, renforcera les capacités européennes d’observation des terres et des ressources en eau. Il recueillera notamment des données sur la température des mers et des eaux de surface ainsi que sur les conditions de houle. Il contribuera également à l’observation des surfaces terrestres et de leur utilisation.

Ces informations auront des applications qui dépassent largement le seul domaine de la recherche climatique. Les variations de température, la disponibilité de l’eau et les changements dans l’utilisation des terres peuvent avoir une influence directe sur la production agricole et la sécurité alimentaire. Des observations satellitaires plus précises et plus rapides pourraient donc aider les scientifiques et les responsables publics à détecter les pressions environnementales émergentes et à améliorer les prévisions concernant les phénomènes susceptibles d’entraîner des pertes agricoles ou des pénuries alimentaires.

La mission possède également une importante dimension scientifique européenne. Des chercheurs de l’Université de Gand, de l’Université de Liège et de l’organisation flamande de recherche et de technologie VITO participent notamment aux équipes internationales chargées d’analyser et d’interpréter les données produites par les satellites.

Leur travail permettra de transformer les observations recueillies depuis l’orbite en nouvelles connaissances sur le stress des écosystèmes, la productivité agricole, l’absorption du carbone par la végétation et les conséquences plus larges du changement climatique.

Le lancement souligne par ailleurs le rôle croissant des technologies satellitaires dans la surveillance de l’environnement. Les mesures effectuées au sol fournissent des informations locales essentielles, mais les satellites peuvent observer de vastes zones, y compris des régions difficiles d’accès, et répéter leurs observations au fil du temps. Ils permettent ainsi de détecter des évolutions qui pourraient autrement rester difficiles à identifier.

En combinant les observations de FLEX avec celles de la mission Sentinel-3, les scientifiques européens disposeront de nouveaux moyens pour étudier les interactions entre végétation, eau, terres émergées et atmosphère. Les données recueillies pourraient contribuer à améliorer les modèles climatiques, la planification agricole, la gestion des écosystèmes et la compréhension des capacités d’adaptation des systèmes naturels face au réchauffement de la planète.

Ces deux satellites représentent ainsi bien plus qu’un nouvel ajout aux infrastructures européennes d’observation de la Terre. Leurs instruments devraient fournir aux chercheurs des outils supplémentaires pour suivre les transformations environnementales et convertir les observations de notre planète en connaissances concrètes permettant de mieux anticiper et gérer les risques liés au changement climatique. Foto-ESA_events, Wikimedia commons.