
Les autorités françaises ont interpellé trois hommes soupçonnés d’avoir préparé une attaque contre la communauté juive et envisagé de se rendre en Afrique pour rejoindre l’État
islamique (EI), tandis que les enquêteurs examinent un éventuel lien entre l’un des suspects et une femme accusée aux États-Unis d’avoir préparé un attentat inspiré de l’EI.
Les trois hommes, âgés de 18 à 26 ans, ont été arrêtés mardi dans les départements de l’Essonne et d’Indre-et-Loire à la suite d’une enquête menée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
Le Parquet national antiterroriste français a indiqué que l’enquête avait débuté en juillet après que les autorités eurent identifié des activités djihadistes présumées parmi les membres d’un groupe WhatsApp appelé « Soldiers of Allah » (« Soldats d’Allah »). Les trois hommes ont ensuite été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste et placés en détention provisoire.
Les enquêteurs soupçonnent les suspects d’avoir envisagé de se rendre en Afrique pour rejoindre l’État islamique et d’avoir également discuté de possibles actions violentes visant la communauté juive en France.
Les autorités n’ont pas précisé de cible particulière et n’ont pas fourni d’éléments permettant de déterminer jusqu’où seraient allées les préparatifs d’une éventuelle attaque.
Un possible lien avec les États-Unis
L’un des suspects, âgé de 20 ans, aurait été en contact avec Jessica Bowie, une femme de 35 ans originaire d’Albany, dans l’État de New York, arrêtée par le FBI en août.
Les procureurs américains accusent Jessica Bowie d’avoir tenté d’apporter un soutien matériel à l’État islamique et affirment qu’elle préparait une attaque contre le Capitole de l’État de New York à Albany, au cours de laquelle elle aurait voulu utiliser un engin explosif pour tuer des responsables politiques et endommager le bâtiment avant de se rendre dans un territoire contrôlé par l’organisation.
Selon les informations des autorités françaises et américaines, les enquêteurs examinent les échanges entre Jessica Bowie et le suspect français. Les autorités françaises n’ont toutefois pas établi publiquement que les deux affaires relevaient d’une même opération et la portée de ces communications reste à déterminer.
L’enquête française a débuté par la surveillance des activités au sein du groupe WhatsApp et a conduit aux arrestations du 1er septembre. Vendredi, le parquet a ouvert une information judiciaire visant des faits présumés d’association de malfaiteurs terroriste en vue de préparer des crimes contre des personnes. Les trois suspects ont ensuite été mis en examen et placés en détention provisoire.
La France abrite la plus importante communauté juive d’Europe et a renforcé la sécurité autour des institutions juives face aux préoccupations persistantes liées au terrorisme islamiste et aux violences antisémites.
Cette affaire intervient alors que les services français de lutte contre le terrorisme poursuivent leurs investigations sur les réseaux djihadistes présumés et les processus de radicalisation en ligne. D’autres enquêtes récentes se sont également intéressées à des menaces présumées visant des sites juifs, soulignant la persistance des préoccupations sécuritaires auxquelles est confrontée la communauté juive du pays.
Les accusations portées contre les trois suspects français n’ont pas encore été examinées par un tribunal. Jessica Bowie a également été inculpée aux États-Unis et bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à ce que sa culpabilité soit éventuellement établie par la justice. Foto- Quinn Dombrowski from Berkeley, USA, Wikimedia commons.