Les autorités belges ont saisi 65,2 millions d’euros dans le cadre d’une enquête française portant sur des soupçons de fraude fiscale aggravée et de blanchiment d’argent impliquant le cabinet
de conseil international McKinsey, ont annoncé vendredi les procureurs français et belges.
Cette saisie représente environ 96 % du montant du manque à gagner fiscal que les enquêteurs français estiment lié à l’affaire, soulignant l’ampleur financière d’une enquête ouverte il y a plus de quatre ans.
McKinsey a indiqué coopérer avec les autorités françaises tout en rejetant toute accusation de comportement répréhensible.
« Nous réaffirmons notre engagement à respecter nos obligations fiscales en France et dans tous les pays où nous exerçons nos activités », a déclaré le cabinet, ajoutant qu’il restait pleinement concentré sur ses clients en France et sur le respect des normes professionnelles les plus élevées.
L’enquête a été ouverte en mars 2022 par le Parquet national financier (PNF), à la suite d’une commission d’enquête du Sénat français consacrée au rôle croissant des cabinets de conseil privés dans l’élaboration des politiques publiques.
Les locaux de McKinsey avaient été perquisitionnés en mai 2022 dans le cadre de l’enquête. Selon les procureurs, des témoins ainsi que des personnes considérées comme suspectes ont ensuite été entendus en 2025 et 2026.
Le PNF a également sollicité l’assistance des autorités judiciaires belges, alors que les enquêteurs examinaient d’éventuels flux financiers ou liens transfrontaliers.
Les autorités belges ont par la suite saisi 65,2 millions d’euros. Les procureurs précisent que cette somme correspond à la grande majorité du préjudice fiscal estimé par les enquêteurs français.
L’affaire se trouve toujours au stade de l’enquête préliminaire et aucune décision définitive n’a été prise quant à une éventuelle responsabilité pénale.
Cette procédure intervient dans un contexte de surveillance accrue en France concernant le recours de l’État aux cabinets de conseil privés. Les autorités et les parlementaires se sont notamment intéressés à leur influence sur les décisions gouvernementales, à leurs pratiques fiscales et à la valeur des prestations financées par les contribuables.
Les investigations se poursuivent et les enquêteurs n’ont pas encore achevé leurs travaux. McKinsey continue, de son côté, de nier tout acte répréhensible. Foto-Benoît Prieur, Wikimedia commons.