La France met à l’épreuve le système de conduite entièrement autonome de Tesla

 

PARIS — La France a commencé à tester sur route la technologie Full Self-Driving (FSD) de Tesla, ouvrant un nouveau chapitre dans le bras de fer réglementaire européen autour du

système d’assistance à la conduite développé par Elon Musk.

Deux véhicules Tesla équipés du système FSD font désormais l’objet de tests en France afin de déterminer s’ils répondent aux exigences nationales en matière de sécurité routière, a annoncé le ministre des Transports, Philippe Tabarot.

Ces essais pourraient s’avérer déterminants pour Tesla, qui cherche à étendre l’utilisation de son logiciel avancé d’aide à la conduite en Europe. La France avait jusqu’ici exprimé des réserves concernant l’autorisation du système, notamment sur sa capacité à gérer les limitations de vitesse et à vérifier que les conducteurs restent suffisamment attentifs.

Philippe Tabarot a indiqué mardi que le programme d’essais faisait suite à plusieurs mois de discussions techniques avec Tesla, notamment sur l’adaptation du système aux exigences françaises.

« Avec la mise à disposition par Tesla de deux véhicules équipés du FSD, nous entrons désormais dans une nouvelle phase : celle des essais sur route », a déclaré le ministre dans une publication sur X.

Il a également qualifié de constructif son récent échange avec Elon Musk, laissant entrevoir une approche potentiellement plus pragmatique de Paris après plusieurs mois de prudence à l’égard de cette technologie.

Le système FSD de Tesla est conçu pour contrôler plusieurs fonctions essentielles de conduite, notamment la direction, l’accélération et le freinage. Il ne constitue toutefois pas un système de conduite totalement autonome : les conducteurs doivent continuer à surveiller le véhicule et être prêts à reprendre le contrôle à tout moment.

Les essais français interviennent alors que les autorités européennes se rapprochent d’une décision susceptible de déterminer si Tesla pourra déployer plus largement son système d’assistance à la conduite dans l’Union européenne.

Les Pays-Bas ont franchi une étape importante en avril lorsque leur autorité routière, la RDW, a accordé une autorisation provisoire au FSD de Tesla sur les routes néerlandaises. Cette décision a été suivie par des démarches similaires en Belgique, au Danemark, en Estonie et en Lituanie, avant un éventuel vote à l’échelle de l’UE.

Une décision européenne pourrait intervenir dès le mois prochain et ouvrir à Tesla une voie réglementaire vers un déploiement beaucoup plus large de sa technologie sur le marché européen.

La France demeure toutefois l’un des pays les plus prudents de l’UE sur ce dossier.

En juillet, Philippe Tabarot avait estimé que les compromis en matière de sécurité liés au système Tesla ne permettaient pas encore de justifier son autorisation. Il avait notamment fait part de préoccupations concernant le respect des limitations de vitesse et les avertissements destinés à s’assurer de l’attention du conducteur.

Le lancement des essais suggère que Paris ne rejette pas nécessairement la technologie de Tesla, mais souhaite disposer de davantage de données avant de permettre son utilisation dans les conditions françaises.

Pour Tesla, l’enjeu est considérable. Une autorisation européenne constituerait un soutien important aux ambitions d’Elon Musk visant à étendre le FSD au-delà des États-Unis, tandis que les régulateurs européens doivent trouver un équilibre entre innovation technologique et sécurité routière.

Les essais français seront donc suivis attentivement dans toute l’Europe. S’ils montrent que Tesla a réussi à adapter son système pour répondre aux préoccupations des régulateurs, ils pourraient renforcer les arguments en faveur d’une autorisation plus large.

À l’inverse, l’apparition de problèmes significatifs en matière de sécurité ou de conformité pourrait faire de la France un obstacle majeur aux ambitions européennes de Tesla.

Les prochaines semaines pourraient ainsi être décisives pour déterminer si l’Europe s’oriente vers un cadre réglementaire commun pour la technologie de Tesla ou si les préoccupations nationales en matière de sécurité continueront d’en ralentir le déploiement. Foto-Windell Oskay from Sunnyvale, CA, USA, Wikimedia commons.