La Belgique confie à la reine Mathilde une mission économique stratégique en Turquie

 

La reine Mathilde conduira la prochaine mission économique belge en Turquie, reprenant un rôle longtemps assuré par la princesse Astrid, alors que la Belgique cherche à renforcer ses liens

économiques et politiques avec Ankara.

Cette mission de cinq jours, prévue du 10 au 14 mai, réunira plus de 400 représentants du monde des affaires, de la politique et du secteur académique à Istanbul et Ankara. La reine Mathilde participera à la première partie du voyage avant de rentrer en Belgique en raison d’engagements antérieurs.

Cette visite marque une étape importante dans la diplomatie économique belge. La princesse Astrid, qui dirigeait traditionnellement les missions commerciales du pays, s’est récemment retirée de cette fonction pour des raisons de santé. La princesse héritière Elisabeth devrait reprendre ce rôle à l’avenir, une fois ses études terminées.

Les autorités belges entendent profiter de cette mission pour approfondir la coopération avec la Turquie dans des secteurs jugés stratégiques, notamment la transition énergétique, les soins de santé, la logistique, la défense et les technologies numériques. Des rencontres sont prévues avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, ainsi que des visites d’entreprises et des entretiens politiques.

La Turquie demeure l’un des principaux partenaires commerciaux de la Belgique hors Union européenne. Les exportations belges vers la Turquie ont atteint 6,5 milliards d’euros l’an dernier, tandis que les importations en provenance de Turquie se sont élevées à 5,6 milliards d’euros, soulignant l’importance des échanges entre les deux pays.

Parmi les responsables politiques belges présents dans la délégation figurent le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, le ministre de la Défense et du Commerce extérieur Theo Francken, le ministre-président flamand Matthias Diependaele, le ministre-président bruxellois Boris Dilliès ainsi que le ministre wallon de l’Économie Pierre-Yves Jeholet.

Malgré les opportunités commerciales, plusieurs analystes soulignent les défis que présente l’environnement économique turc pour les investisseurs étrangers. Koen De Leus, économiste en chef chez BNP Paribas Fortis, estime que la position géographique de la Turquie — à la croisée de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Asie — reste un atout majeur pour les entreprises internationales.

Cependant, une inflation persistante, l’affaiblissement de la monnaie et les inquiétudes liées à la gouvernance compliquent le climat des affaires. De Leus évoque également la baisse démographique, la fuite des cerveaux et la vulnérabilité du pays face aux séismes comme des éléments pesant sur la confiance des investisseurs.

La mission en Turquie n’est qu’une des grandes visites économiques prévues cette année par la Belgique. Une autre mission d’envergure en Arabie saoudite est programmée pour le mois de novembre et devrait également être conduite par la reine Mathilde. Foto-Liesbeth Driessen, Wikimedia commons.